Le mécanisme des licences d’importation n’aura pas tardé à montrer ses limites, mais aussi ses effets désagréables sur la sphère socio-économique du pays.

En fait, les aveux du ministre du Commerce à ce sujet sensible et crucial ne font que donner raison aux critiques formulées, dès la mise en route de ce mécanisme, par les experts et autres chefs d’entreprise, avec, en sus, des expériences sur le terrain qui ont servi d’arguments tangibles à ces critiques. Mohamed Benmeradi s’est, en fin de compte, résolu à dire explicitement ce qu’il ne cessait de répéter implicitement depuis son arrivée à la tête du secteur.
Deux années seulement donc et les licences d’importation s’apprêtent cesser d’exister pour laisser place à d’autres mesures. Entre-temps, elles auront permis au Trésor public d’économiser, dans le cas de l’année 2017, le relativement modique montant d’un milliard et quelques poussières de dollars affiché sur la comptabilité visible, fais perdre nettement plus de devises à travers le stratagème qui dissimule mal l’importation déguisée au profit d’une industrie fictive et, surtout, servi de goulot d’étranglement à de nombreuses activités et poussé au chômage des dizaines de milliers d’Algériens.
Au même moment, l’offre en diverses denrées et autres matériels s’est sensiblement réduite, au rythme d’une liste de produits soumis aux licences d’importation et aux contingentements qui n’a cessé de grandir. Ce qui a eu pour effet de faire flamber les prix, sans retenue, de ces produits. Une tendance qui risque de se maintenir et de s’accentuer même en 2018, avec la taxation des produits importés et le relèvement des droits de douane.
Reste à savoir quelle sera réellement la réplique de la production nationale face à pareille donne ? D’abord en termes de qualité qui, à travers de nombreux produits de large consommation, demeure bien en deçà de ce que propose le «made in». Ensuite, en termes de prix dans une configuration de mœurs de consommation où le lait, le pain, et autres matières subventionnées ne sont plus classées en tête des produits de large consommation chez de nombreux algériens, même parmi les moins nantis.