Alors que la pénurie de certains produits alimentaires essentiels, dont notamment le lait et l’huile, est en train de gagner bien des espaces sur les étals des commerces, et s’y installe dans la durée, le citoyen manifeste des signes d’impuissance, mais aussi de courroux, face à un phénomène qui le renvoie à un passé lointain dans le quotidien des Algériens.

Par Feriel Nourine
De leur côté, les responsables directement concernés par cette situation tentent un énième déploiement sur le terrain pour tenter de rassurer sur la disponibilité des denrées qui se font rares sur le marché. A l’occasion, ils pointent à nouveau le doigt sur les spéculateurs qui sont en train de faire main basse sur les stocks portant un coup déstabilisateur au circuit de distribution dans ses différents paliers.
Ces derniers sont désormais avertis des sentences pénales qu’ils encourent dans le cadre de la chasse qui leur est déclarée par l’Etat. Ce qui ne semble pas pour autant empêcher leur sale besogne consistant souvent à créer la pénurie pour pouvoir aisément imposer la hausse des prix dès que les énormes quantités de produits stockés sont lâchées sur le marché. Car, c’est bel et bien la hausse des bénéfices et du gain facile qui se cachent maladroitement derrière toutes ces manœuvres à répétition qui rendent indisponibles sur le marché des produits de première nécessité.
Mais la spéculation est loin d’être la seule cause de la pénurie. Pour un pays comme l’Algérie, qui continue à consacrer le gros de ses dépenses en devises à l’importation des produits alimentaires, finis ou autres, les facteurs sont multiples. Parmi ces facteurs, le Directeur général de la régulation et l’organisation des marchés au ministère du Commerce, Sami Koli, cite la hausse du fret, le taux de change du dinar et l’indisponibilité des conteneurs. Ce responsable au niveau du ministère, interpellé par le dossier, s’exprimait hier sur les ondes de la Radio nationale.
Pour sa part, le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, se trouvait à Tissemsilt pour une visite sur le terrain, qui incluait une halte au niveau d’une laiterie locale. L’occasion pour lui de donner des instructions pour augmenter la production laitière et promouvoir l’industrie manufacturière dans la région en s’orientant vers l’élevage de vaches afin de fournir les matières premières nécessaires à cette production. Le ministre a souligné l’importance de développer cette filière, compte tenu des prix élevés des matières premières sur les marchés internationaux. Cette nouvelle sortie sur le terrain du premier responsable du secteur industriel, et donc de la production de nombreux produits alimentaires, dont ceux qui manquent sur les étals, n’est pas sans reproduire une partie du discours tenu régulièrement devant les producteurs, quelle que soit leur filière. Ces derniers manifestent souvent une attention particulière aux instructions des pouvoirs publics. Quant au passage à l’acte de leur part, ils attendent eux aussi d’être entendus.