Sonatrach annonce des hausses des exportations de gaz naturel sur ses marchés traditionnels.

Par Hakim Ould Mohamed
Les exportations algériennes de gaz naturel sont reparties à la hausse au premier trimestre de l’actuel exercice, comparativement à la même période de l’année dernière. Cette hausse est due essentiellement à l’augmentation de la production et de la demande des clients du groupe Sonatrach, explique le groupe dans un communiqué diffusé hier.
«En dépit d’un contexte particulier lié à la prolongation de la pandémie de Covid-19, l’Algérie a enregistré un bond appréciable de ses exportations gazières durant le premier trimestre 2021 grâce à une hausse de la production, combinée au renforcement de la demande de ses clients», souligne Sonatrach dans son communiqué. Les livraisons de gaz aux principaux clients de Sonatrach ont rebondi durant les trois premiers mois de 2021 par rapport à la même période de 2020 durant laquelle les volumes acheminés à destination du Vieux Continent ont connu d’importantes baisses. Sans surprise, l’Italie continue de s’imposer comme premier client de l’Algérie sur la pyramide des principaux partenaires commerciaux de Sonatrach. La première destination des exportations algériennes de gaz a été approvisionné à hauteur de 6,4 milliards de mètres cubes (m3) durant les trois premiers mois de l’année, marquant ainsi une progression de 109% par rapport à 2020. Durant le premier trimestre du précédent exercice, l’Italie, premier client de l’Algérie, totalisait 1,175 milliards de dollars d’importations depuis l’Algérie, constituées essentiellement d’hydrocarbures, en baisse de 33,04% par rapport à 2019, lit-on dans les situations trimestrielles des Douanes algériennes de l’année 2020.
Le groupe dit avoir consolidé sa position de deuxième fournisseur de gaz de l’Italie avec des parts de marché à 35% contre 16% durant la même période de 2020. En plus de l’Italie, Sonatrach semble avoir envoyé plus de quantités d’hydrocarbures vers l’Espagne durant le premier trimestre de l’année que pendant la même période de 2020. Le royaume ibérique constitue le second marché de Sonatrach après l’Italie de par les volumes de gaz acheminés à sa destination. En effet, la compagnie publique des hydrocarbures a indiqué dans son communiqué avoir approvisionné la péninsule Ibérique (Espagne et Portugal), à hauteur de 4,3 milliards de m3 durant les trois premiers mois de 2021. Les quantités de gaz envoyées à destination d’Espagne et du Portugal ont ainsi progressé de 122% par rapport à la même période de 2020, ce qui représente une part de marché de plus de 47% contre seulement 21% durant le premier trimestre 2020. Avec cette performance, l’Algérie maintient sa position de premier fournisseur de gaz sur ce marché stratégique, souligne Sonatrach. Quatrième client de l’Algérie durant le premier trimestre de 2020, l’Espagne a importé depuis l’Algérie pour une valeur globale de 627,85 millions de dollars seulement de janvier à mars 2020, en baisse de 52,83% par rapport à 2019. En plus des débouchés traditionnels du gaz algérien, à savoir les partenaires du Vieux Continent avec lesquels Sonatrach a renouvelé depuis peu ses contrats de moyen terme, dont les prix sont indexés à ceux du pétrole, le groupe dit avoir envoyé des cargaisons de gaz vers des pays asiatiques comme la Chine et le Bangladesh. «Ces réalisations ont été confirmées par des sources spécialisées mettant en avant l’augmentation de l’offre à partir de l’Algérie qui a permis de satisfaire une demande gazière européenne très soutenue», souligne Sonatrach dans son communiqué. Lequel ne fait, néanmoins, aucune référence aux volumes de gaz acheminés à destination du marché français, dont le patron du principal partenaire français de Sonatrach était lundi en visite à Alger. En effet, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a été reçu à Alger par le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab. Les discussions ont tourné autour de des relations entre Sonatrach et Total, «notamment dans les domaines gaziers ainsi que les perspectives de collaboration entre les deux Groupes dans des projets structurants en Algérie». «Les parties ont, également, abordé les projets futurs à réaliser dans le GNL, les énergies renouvelables, le stockage d’énergie et la Pétrochimie, notamment le projet polypropylène qui connait un état d’avancement significatif. Les deux parties ont réaffirmé leur volonté à œuvre au renforcement du partenariat entre les entreprises Sonatrach et Total», lit-on dans un communiqué du ministère de l’Energie et des Mines. Le communiqué de Sonatrach ne souffle mot non plus sur les quantités de gaz produites durant la même période, puisqu’il explique que la hausse des volumes à l’export est due à un retour à la croissance dans l’amont pétrolier et gazier. Le premier trimestre de l’année dernière a été marqué en tout cas par une contreperformance historique, puisque l’activité du secteur des hydrocarbures a baissé de 13,4%. Cette baisse est venue s’ajouter à d’autres constatées dans les années précédentes, cumulant près d’une décennie de contreperformances que Sonatrach n’a pu enrayer jusqu’ici faute de nouvelles découvertes importantes et de nouveaux investissements dans l’amont pétrolier et gazier. n