M. Attar a annoncé hier que la loi 2012 régissant la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz sera prochainement révisée en y intégrant l’aspect des énergies renouvelables «à travers son amendement ou bien la mise en place d’une nouvelle loi».
Le débat autour du secteur de l’énergie en Algérie ne se situe plus au niveau de la production, de l’exportation ou encore de la distribution locale, qui se sont longtemps imposées comme priorités à prendre en charge par les responsables, a estimé hier le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar. «Aujourd’hui, c’est la sécurité ou l’indépendance énergétique du pays qui doit être au centre des préoccupations», a-t-il souligné lors d’une rencontre nationale avec les directeurs régionaux de la Société algérienne de distribution de l’électricité et du gaz (Sadeg).
En ce sens, M. Attar a insisté sur l’urgence d’une transition énergétique qui passera par la «diversification» des ressources en matière énergétique «pour garantir la sécurité aux générations futures», a-t-il justifié. Il s’agit, a expliqué le ministre, de parer d’ores et déjà aux risques d’une demande locale de plus en plus grandissante en focalisant désormais sur «la gestion de l’usage des énergies». «Si on ne veut pas être bousculés par la demande, il faut s’impliquer dans son usage», a-t-il exhorté, en désignant la voie à suivre dans cette perspective, à savoir «s’impliquer dans l’avenir pour influencer, pour favoriser et pour encourager l’usage d’énergies qui produisent quelque chose pour l’intérêt du pays», a-t-il recommandé. Or, aujourd’hui, «pratiquement 70% de la consommation énergétique du pays ne produit pas de plus-value», a regretté le premier responsable du secteur. Avant de rappeler que «nous sommes dans l’obligation d’entrer non seulement dans la transition énergétique, mais aussi économique» et que «l’avenir de l’économie n’est pas dans les hydrocarbures, mais dans des sources d’énergie diversifiées».
D’où l’appel de l’intervenant à fêter le cinquantième anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures, qui aura lieu dans quelques jours (24 février) sous le signe du «Cinquantenaire de la rupture».
Une mesure qui passe par une nouvelle stratégie basée sur des textes de loi, a-t-il poursuivi. Sur ce registre, M. Attar a annoncé que la loi régissant la production, le transport et la distribution d’électricité et de gaz sera prochainement révisée en y intégrant l’aspect des énergies renouvelables «à travers son amendement ou bien la mise en place d’une nouvelle loi». Enumérant les différentes initiatives de développement du secteur, notamment à travers la loi sur l’électricité de 2002, il fera remarquer qu’«une trentaine de textes d’application n’ont pas été promulgués».
«Il y a également le programme ambitieux d’EnR de 22 000 MW décidé en 2011, lui-même renouvelé en 2015, mais toujours sans réalisation, suivi de la création d’une filiale dédiée spécialement aux EnR en 2013, SKTM qui ne produit que 354 MW de renouvelable», a-t-il rappelé, soulignant l’intérêt de faire le constat du secteur dans la transparence.
Concernant le programme de développement de Sonelgaz, le ministre a estimé que les besoins énergétiques du pays d’ici 2030 seront en deçà des prévisions du plan de développement du Groupe public. «Il faut donc baisser le nombre de projets destinés à hisser la capacité de production d’électricité à partir du gaz naturel et investir dans les EnR. On pourrait éventuellement diviser les investissements en deux proportions égales entre le conventionnel et le renouvelable», a-t-il proposé.
Abondant dans le même sens, Chems Eddine Chitour mettra, à son tour, l’accent sur l’urgence d’aller vers la transition énergétique. Pour cette nouvelle opportunité qui lui est offerte pour défendre l’option diversification énergétique pour laquelle il a été désigné à la tête d’un département dédié, M. Chitour dira aux responsables présents que «nous ne pouvons plus continuer à consommer 800 millions de mètres cubes de gaz par semaine». A ce rythme, «nous allons même atteindre 1 milliard de m3 par semaine», a-t-il prévenu, avant de plaider pour une transition qui passerait par d’autres sources énergétiques que le gaz et le pétrole, citant, entre autres, l’exemple du charbon et de l’uranium.
Le ministre a, en ce sens, rappelé que la transition énergétique est l’affaire de tout le monde et qu’elle doit impliquer l’ensemble des acteurs du secteur mais aussi l’ensemble des autres secteurs et des citoyens pour être menée à bout.<