La rencontre gouvernement-walis, qui s’est ouverte, hier, à Alger, a été l’occasion pour les ministres en charge des portefeuilles économiques de faire un état des lieux de leurs secteurs respectifs, très affectés par la crise sanitaire et les mesures de lutte contre la diffusion du virus covid-19, en vigueur depuis la mi-mars 2020.
Abdelmadjid Attar, ministre de l’Energie, a levé le voile, à cette occasion sur des pertes évaluées 125 milliards de dinars subies par les entreprises de son secteur. Lors d’un discours qu’il a prononcé lors de ladite réunion, Abdelmadjid Attar a fait constater que l’économie mondiale et le marché pétrolier en particulier traversent une période difficile, caractérisée par des prix bas et une faible demande mondiale à l’or noir. Ainsi, conséquence directe de la chute des prix du pétrole sur le marché international et la crise sanitaire, les revenus de l’État provenant des exportations d’hydrocarbures ont diminué au cours du premier semestre de l’année, fait remarquer le ministre de l’Energie. La baisse est estimée à 40% par rapport à la même période de 2019. Par ailleurs, Abdelmadjid Attar a fait savoir que la demande interne aux produits énergétiques a augmenté de 7% durant la même période. Pour faire face à cette situation, le ministre a souligné que le secteur de l’énergie a mis en place un ensemble de mesures pour réduire les dépenses d’investissement et d’exploitation tout en maintenant la production. Abdelmadjid Attar a également indiqué que le secteur de l’énergie s’inscrit dans une stratégie de redynamisation, dans le cadre du programme du gouvernement qui s’appuie principalement sur des axes prioritaires, à savoir la mise en œuvre d’une politique de développement indépendante de la rente pétrolière, en donnant la part belle à la valorisation des hydrocarbures, la création d’emplois et de richesses. Cette stratégie vise, selon le ministre, à contribuer à financer l’économie nationale par la mise en place d’une économie indépendante des hydrocarbures sur le long terme. Pour sa part, le ministre de la Transition énergétique et des Energies Renouvelables, Chems-Eddine Chitour, a indiqué à la même occasion que le taux de gaspillage de l’énergie dans le pays représente entre 10 et 15 % de la production nationale globale, en soulignant l’impératif d’accélérer la mise en œuvre des programmes relatifs à l’efficacité énergétique. Le programme auquel fait allusion le ministre est en vigueur depuis 2015 et visait une contribution de 27% des énergies renouvelables au mix énergétique national à l’horizon 2030. Nous sommes, bien évidemment, loin du compte en matière de réalisation de ce programme de développement des énergies nouvelles et d’efficacité énergétique. Chems-Eddine Chitour a précisé que ce taux de gaspillage annoncé, à savoir de 10 à 15% de la production, représente 6,5 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep) par an, soit l’équivalent de 45 millions de barils, ce qui représente 1,8 milliards de dollars en calculant le prix du brut à 40 dollars le baril. Une énorme perte pour l’économie nationale. Le ministre a souligné que la feuille de route de son secteur est basée principalement sur l’économie d’énergie et l’efficacité énergétique, précisant, sur sa lancée, que l’objectif est de placer 100 000 chauffe-eau solaire l’année prochaine, en considérant qu’il s’agit là d’un champ important qui permet à lui seul d’économiser 40% d’énergie. Le ministre a insisté par ailleurs sur l’impératif de trouver les moyens de pouvoir créer une industrie pour la production locale de chauffe-eau solaire, assurant que les prototypes «existent». L’industrie locale devrait également concerner les kits de conversion des véhicules au GPL/c, selon le ministre qui a affirmé que le secteur œuvre pour la conversion de 200.000 véhicules à ce système d’ici la fin de l’année prochaine 2021. <