Le complexe d’oxygène médicinal « Rayan Ox » de Bettioua (Oran) entamera sa production la semaine prochaine. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, hier, en marge d’une visite sur les lieux pour inspecter les travaux de ce projet.

Par Feriel Nourine
Relevant du secteur privé en partenariat avec les Chinois, elle jouit d’une capacité de production de 100 000 litres d’oxygène médicinal par jour, alors que ses capacités de stockage atteignent 1 million de litres, a indiqué le ministère de l’Industrie dans un communiqué publié sur sa page Faceboock. Elle dispose, en plus, d’un parc d’enfûtage de bouteilles d’oxygène médicinal pouvant contenir jusqu’à 15 000 unités.
Ces grandes capacités de production et de stockage «contribueront à répondre aux besoins des hôpitaux des wilayas de l’Ouest en oxygène», a expliqué M. Zeghdar, faisant référence à la forte demande nationale de ce type de gaz face à la montée des cas de contaminations à la Covid-19, dont nombreux se trouvent en situation de détresse respiratoire provoquée par le variant Delta et éprouvent un besoin urgent et vital en oxygène gazeux. En plus d’approvisionner les structures sanitaires d’oxygène médicinal, l’usine Rayan Ox offrira, à son ouverture, 200 postes, a souligné le ministre. Il a ajouté que des projets dans d’autres wilayas, d’une capacité de production allant de 20 000 à 30 000 litres entreront en service prochainement, rassurant que «la pression sur les établissements hospitaliers va diminuer en raison de la fourniture de cette substance vitale».
Rayan Ox fait partie des cinq usines de production d’oxygène médicinal réquisitionnées par l’Etat pour alimenter les hôpitaux du pays en ce type de gaz et ce suite à la mise en place, il y a près de trois semaines, d’un comité de veille et de suivi de la disponibilité de l’oxygène médicinal et l’approvisionnement des établissements hospitaliers, en coordination avec les secteurs concernés et présidé par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Abderrhamane Djamel Lotfi Benbahmed.
Son mode opératoire est de mobiliser l’ensemble des moyens nationaux de production et de logistique pour assurer une disponibilité continue de l’oxygène au niveau des établissements hospitaliers, a expliqué le ministère.
A cet effet, il a été convenu d’augmenter la capacité de production d’oxygène médicinal à travers l’apport de l’oxygène industriel après validation des services compétents de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques pour un usage médicinal. De plus, il a été décidé la mutualisation des moyens logistiques de transport de l’oxygène médicinal pour assurer un approvisionnement continu et améliorer les délais de livraison des différentes structures hospitalières.
Selon les chiffres avancés par Lotfi Benbahmed, l’Algérie produit actuellement près de 430 000 litres par jour d’oxygène liquide, soit le triple de la production moyenne en 2020. C’est l’équivalent de 400 millions de litres d’oxygène pouvant répondre à la demande de dizaines de milliers de malades. Mais ces quantités ne pourront servir s’il manque comme actuellement la logistique et un mode de gestion adéquat vers les établissements hospitaliers et leurs malades.
Outre les cinq usines réquisitionnées par les pouvoirs publics, en l’occurrence Linde Gas, Calgaz, Sidal, Rayan Ox et Aures Gaz, la production nationale d’oxygène peut compter sur d’autres intervenants, parmi lesquels Sider El Hadjar ou encore le complexe d’acier algéro-turc Toysali qui vient de décider, volontairement et bénévolement, de doubler sa capacité de production la faisant passer de 50 000 litres d’oxygène/jour à 100 000 litres/jour.
Même démarche adoptée par le producteur d’oxygène liquide, Linde Gas Algérie, qui a décidé de relever, lui aussi sa production pour participer à la satisfaction d’une demande qui s’est envolée sous l’impact de la situation sanitaire du pays ces dernières semaines.
D’autres entreprises productrices d’oxygène se sont également investies dans cette grande bataille de l’oxygène, mais aussi des opérateurs privés, alors que l’exemple qui réchauffe le plus le cœur en cette période de détresse nationale vient certainement de tous ces citoyens anonymes qui se mobilisent quotidiennement à travers des collectes d’argent servant à l’achat de concentrateurs qui font défaut dans la majorité des hôpitaux du pays, et même à l’installation d’unités de productions d’oxygène dans certaines régions. n