Dans un contexte marqué par la stabilité de la situation épidémique en Algérie, le ministère de l’Industrie pharmaceutique (MIPH) ambitionne d’élargir la production de vaccins hors covid et de se placer en tant que leader sur le continent africain.

Par Sihem Bounabi
Ainsi, même si la production par Saidal du vaccin anti-Covid-19 place l’Algérie comme une référence dans le domaine au niveau régional, cela annonce également l’amorce d’une volonté du lancement d’une véritable industrie de production des vaccins en Algérie afin de garantir une souveraineté sanitaire et conquérir d’autres marchés à l’international.
En effet, le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, a reçu, dimanche dernier, une délégation des laboratoires chinois Sinovac, conduite par sa PDG, Helene Yang, avec laquelle il a évoqué le renforcement et l’élargissement du partenariat avec le groupe Saidal.
Lors de cette audience, qui s’est déroulée au siège du ministère en présence de la PDG et des cadres du Groupe Saidal ainsi que les cadres du ministère, les responsables de Sinovac ont exposé leur projet de joint-venture avec Saidal afin de «pérenniser et d’assoir le partenariat à court et long termes», selon un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Ce dernier ajoute que cette audience a permis de réaffirmer «le caractère stratégique et gagnant-gagnant du partenariat entre le Groupe Saidal et les laboratoires Sinovac en droite ligne de la dynamique des relations d’amitié historiques et stratégiques qui lient l’Algérie et la Chine».
A travers la consolidation de ce partenariat, l’objectif est la domiciliation de la production en «fill and finish» de vaccins, autre que celui du Covid-19 à l’exemple de l’antigrippal et celui de la poliomyélite et son élargissement futur à l’ensemble des vaccins inscrits au programme élargi de vaccination PEV en Algérie ainsi que ceux des pays du Moyen-Orient et d’Afrique.
Il s’agit également de renforcer et de diversifier le portefeuille de produits fabriqués en partenariat avec le laboratoire chinois dont les hémodérivés tels que les immunoglobulines, l’albumine et les facteurs VIII et IX.
Une diversification qui permettra au Groupe Saidal de se positionner comme «une plateforme de production et d’exportation de médicaments issus des biotechnologies à l’échelle régionale et continentale», souligne le ministère de l’Industrie pharmaceutique.
Par ailleurs, concernant le volet de l’effectivité et la sécurité réelle des médicaments, il a été exprimé la volonté d’une coopération à la réalisation d’essais cliniques notamment les études observationnelles en vie réelle afin de contrôler l’effectivité et la sécurité réelle des médicaments et d’obtenir les bases de données nécessaires aux études pharmaco-économiques pour une meilleure estimation et évaluation des coûts des différentes stratégies thérapeutiques.
Pour rappel, cette volonté de l’Algérie de se placer en tant que leader sur le continent africain en tant que producteur de vaccins a été annoncé il y a quelques mois par Lotfi Benbahmed, où il avait affirmé : «Nous avons les possibilités d’être une plateforme africaine de ‘fill and finish’ avec une capacité de production de 200 millions de doses par an.»
S’agissant des capacités de production, le ministre de l’Industrie pharmaceutique a assuré que la seule ligne de fabrication dont dispose Saidal au niveau de l’usine de Constantine est en mesure d’assurer les besoins du pays et de répondre à ceux des pays africains. Les capacités de production sont évaluées à 320 000 doses jour, soit 8 millions par mois, sur un shift de 8 heures et le passage à un rythme de production avec 2 shifts permettra d’atteindre une production de 16 millions par mois, soit près de 200 millions par an.
Pour rappel, les pourparlers avec le partenaire chinois ont débuté en mai 2021 sous la tutelle du ministère de l’Industrie pharmaceutique, l’Institut Pasteur et l’Agence nationale des produits pharmaceutiques et un contrat de partenariat a été conclu le 25 juillet 2021. Le 27 juillet, une délégation chinoise a visité l’unité Saidal de Constantine, inspecté les équipements et évalué ses performances. Le constat des experts chinois a été concluant et les réserves soulevées ont concerné de légères modifications dans le processus de production et la machine de remplissage.
Cela a nécessité une mise à niveau des équipements et installations nécessaires à la production du vaccin sur la base du rapport d’expertise présenté par les spécialistes chinois. Il a été suivi par l’arrivée du premier lot de matière première en Algérie, le 27 août 2021, suivi du lancement de la production au courant du mois de septembre 2021.
Par ailleurs, en matière de contrôle de la qualité des vaccins, le personnel technique de Saidal a bénéficié de formations pratiques au niveau de l’Institut Pasteur d’Alger et des formations théoriques ont été également assurées par l’Agence nationale des produits pharmaceutiques en coordination avec les enseignants chercheurs en biologie cellulaire et moléculaire de l’université des sciences technologiques Houari-Boumediène. <