La question des importations, Abdelmalek Boudiaf en a longuement parlé lors de la visite qu’il a effectuée jeudi dernier dans la wilaya d’Oran, où il a inspecté plusieurs projets relevant de son secteur, notamment la société algérienne des médicaments Sophal.

Le ministre a considéré que l’industrie pharmaceutique nationale doit être axée sur la satisfaction des besoins en médicaments essentiels, mais aussi sur la réduction des dépenses à l’importation. Et d’avancer que l’encouragement de l’Etat à la fabrication du médicament a ainsi permis d’atteindre le taux de 61% et, par conséquent, réduire la facture d’importation de 4% l’année dernière grâce à l’orientation du ministère vers une stratégie de production locale. Des données statistiques fournies par le Cnis, il y a un peu plus d’un mois, contredisent cependant les affirmations formulées par Boudiaf. En effet, la facture d’importation de produits pharmaceutiques n’a pas été réduite en 2016, elle a, au contraire, augmenté en pourcentage de plus de 2%, par comparaison à 2015. En valeur, elle a atteint 2,02 milliards de dollars l’année écoulée, contre 1,97 milliard de dollars en 2015, soit une hausse de 2,4%. En revanche, les quantités importées ont reculé à 23 614,2 tonnes en 2016, contre 26 915,7 tonnes, en 2015, selon une flopée de statistiques livrées par le Centre national de l’informatique et des statistiques des douanes (Cnis). Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, aura ainsi raté son objectif. Il fera peut-être mieux en 2017.

 

Du progrès dans la fabrication de médicaments
Boudiaf a estimé que les ressources financières consacrées à la prise en charge de la santé sont « conséquentes » et « durables », affirmant que l’assurance-maladie couvre la grande majorité de la population.

Autant de facteurs et bien d’autres qui militent en faveur de l’investissement dans la production de médicaments, a-t-il expliqué. Le ministre a souligné que l’Algérie a réalisé un grand progrès en matière de fabrication du médicament, prévoyant que la couverture des besoins atteindra 70% d’ici la fin de l’année courante. Si ce taux est réalisé, dit-il, l’Algérie pourra réfléchir à l’exportation. Abdelmalek Boudiaf n’a pas manqué de mettre en avant l’effort fourni par l’Etat dans le but de soutenir davantage la production pharmaceutique, déclarant que l’encouragement de l’Etat a permis d’atteindre le taux de 61% de couverture des besoins locaux en médicaments et par conséquent réduire la facture d’importation. L’objectif principal, a-t-il insisté, est d’encourager la production du médicament pour une couverture totale des besoins locaux et l’exportation vers des pays africains, soulignant que certains médicaments et du matériel médical fabriqués en Algérie sont exportés vers onze pays africains. Le ministre n’a pas omis de mentionner que la production nationale ne dépassait pas 5%, il y a quelques années. Et selon lui, le marché algérien est prometteur. Manière de faire un clin d’œil aux opérateurs étrangers. Il faut, a-t-il ainsi relevé, œuvrer actuellement à encourager les opérateurs privés et laboratoires internationaux à travailler plus pour garantir le passage de l’Algérie au rang des pays exportateurs du médicament. Le ministre a rappelé une somme de facteurs qui facilitent l’acte d’investir en Algérie. La législation pharmaceutique en Algérie en est un. Celle-ci vise, soutient-il, à développer la production nationale. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a plaidé pour des investissements dans ce domaine en dehors du marché algérien.