Les producteurs de lait envisageraient de remplacer l’emballage en sachet par des briques en carton à partir de mars prochain avec la perspective qu’il sera définitivement retiré du marché. « Ce n’est pas encore le cas, vu que le lait en sachet sera toujours commercialisé » , selon ce qu’a indiqué un responsable du groupe laitier Giplait. Dans une déclaration dans nos colonnes, un responsable du groupe, qui n’a pas souhaité garder l’anonymat , a affirmé que « le conditionnement en brique sera une option supplémentaire vu que le groupe Giplait continuera de produire du lait pasteurisé conditionné en sachet ».

Cela dit, il est clair que les quantités qui sortiront des unités du groupe, qui détient plus de 50% des parts du marché, seront moins importantes que par le passé avec l’introduction de 300 000 litres par jour – environ la moitié de ce qui est produit actuellement par Giplait en lait en sachet. Il expliquera qu’« il sera nécessaire de retirer des quantités de lait en sachet du marché ». Pour lui, « l’adoption du conditionnement en carton va générer des coûts supplémentaires compte tenu du prix du papier, d’une part, et des équipements industriels supplémentaires, d’autre part ». A cet effet, le responsable préconise que l’Etat subventionne le coût de l’emballage en carton car, explique-t-il, l’adoption du nouveau conditionnement va engendrer certainement un impact sur le prix final du lait pasteurisé (actuellement à 25 DA) à cause du prix élevé du carton. Il est à rappeler qu’en 2014, le Premier ministre a accordé à l’ensemble des producteurs de lait un délai de trois mois pour entamer le processus de suppression du sachet de lait, lors de sa visite au stand du groupe Giplait. Il a souligné que le remplacement de l’emballage en plastique par le conditionnement en carton hermétique permettra de fournir au citoyen un produit de « meilleure qualité » et de « préserver l’environnement».

Les normes de qualité décriées
Par ailleurs, la Fédération algérienne des consommateurs affirme que le lait en sachet ne répond à aucune norme de qualité et n’a aucune valeur nutritive. En effet, des analyses montrent que la quantité de poudre de lait contenue dans le lait en sachet est insignifiante par rapport à la quantité de l’eau qu’il contient. Le président de la Fédération algérienne des consommateurs, Zaki Harir, s’est dit « choqué » par les résultats de ces analyses qui démontrent que le lait en sachet n’est, en fin de compte, qu’une quantité d’eau blanchâtre qui n’a aucune valeur nutritive.
« Les enfants qui consomment ce lait risquent d’être atteints de rachitisme », s’alarme-t-il. En effet, ce produit de première nécessité largement consommé par les Algériens ne contient presque pas de calcium, élément très important pour la formation des os et des dents.
« L’Algérie souffre d’un vide juridique en matière de rationnement de la poudre de lait que contient un sachet de lait », a-t-il indiqué. « Par conséquent, les usines de production de lait en sachet sont libres de définir la quantité de cette matière  première.
Ainsi, la majorité de ces usines utilisent une très petite quantité de poudre de lait pour des raisons purement économiques et commerciales, se souciant très peu des normes de qualité et de nutrition », a-t-il ajouté. Zaki Harir a souligné, par ailleurs, qu’il a reçu énormément de plaintes de la part des citoyens concernant la qualité de ce lait en sachet commercialisé en Algérie.
A ce propos, il a appelle les services du ministère du Commerce à intervenir dans les plus brefs délais afin d’instaurer des normes unifiées en matière de production de lait en sachet.n