Par Khaled Remouche
Pendant la période 2009-2019, la consommation de gaz en Algérie a cru de 4,5% par an, tandis que sa production ne l’a été que de 1,3% par an.
A l’occasion du lancement du centre de supervision des pipelines, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Arkab, a affirmé dimanche dernier que Sonatrach est la quatrième entreprise mondiale en matière de production de gaz et douzième en termes de production de pétrole et leader continental dans le domaine des hydrocarbures. L’Algérie reste une puissance gazière en Afrique indéniablement.
Dans le rapport de BP 2021, une revue statistique de la production mondiale d’hydrocarbures, l’Algérie est classée deuxième exportateur de GNL en Afrique, en 2020, après le Nigeria. Mais cette puissance gazière, leader en Afrique, a des limites. En ce sens, le rapport note une baisse des réserves de gaz de l’Algérie à fin 2020. Elles passent de 4 400 milliards de mètres cubes en 2019 à 2 300 milliards de mètres cubes à fin 2020. Ce grand écart s’explique sans doute par une correction statistique. Leur durée de vie est de 28 ans. En termes de réserves, l’Algérie est devancée par la Russie, l’Iran, le Qatar, les Etats-Unis, le Turkménistan, le Venezuela et le Canada. Notre pays a produit, en 2020, 81,5 milliards de mètres cubes de gaz contre 87 milliards de mètres cube en 2019. Entre 2010 et 2020, la production de gaz s’est située entre 81 et 93 milliards de mètres cubes annuellement, soit en déclin par rapport à la période première décennie 2000 où la production dépassait les 100 milliards de mètres cubes par an. En termes de production, elle est devancée par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Qatar, l’Iran, l’Australie, l’Arabie Saoudite, la Norvège, le Canada et se classe au dixième rang.
L’Algérie était parmi les quatre premiers plus grands exportateurs de gaz du monde. Elle est dépassée aujourd’hui par la Russie, le Qatar, l’Australie et les Etats-Unis. Le déclin des exportations de gaz peut se mesurer ainsi : elle exportait pour environ 60 milliards de mètres cubes par an durant la première décennie 2000 contre environ 50 milliards de mètres cubes actuellement. Pendant la période 2009-2019, note le rapport, la consommation domestique de gaz a crû de 4,5% par an contre une hausse de production de 1,3% par an.
Tout cela s’explique par le vieillissement du gisement de gaz de Hassi R’mel, la forte consommation de gaz, le retard accumulé dans la mise en service de nouveaux gisements, l’absence de découverte de gros gisements après ceux notamment d’In Salah, d’In Amenas, de Rhourde Nouss, le recul de l’investissement direct étranger en Algérie. La puissance gazière de l’Algérie, dans un contexte nouveau marqué par le conflit russo-ukrainien, sera reconnue avec une augmentation importante de la production et des exportations de gaz et cela passe par un accroissement des investissements dans l’amont, dans l’exploration et le développement de nouveaux gisements. En termes de consommation, l’Algérie va droit dans le mur si elle n’accélère pas son programme d’économie d’énergie avec de plus grandes ambitions en la matière, un modèle de consommation énergétique plus rationnel, accélérer le programme de développement des énergies renouvelables. Et pour cause, le progrès dans ces chantiers va économiser d’importantes quantités de gaz et donc permettre d’exporter davantage de gaz. Autre élément, selon des experts, ne pas se priver des ressources non conventionnelles, considérées comme importantes : tight gas et gaz de schiste. En filigrane, la puissance énergétique dépendra aussi de l’exploitation de son atout, l’hydrogène. n