En 2017/2018, la récolte mondiale d’huile d’olive devrait bondir de 14% en se chiffrant à 2 894 000 tonnes. C’est ce que prévoit le Conseil oléicole international (COI), une organisation intergouvernementale, dans une note publiée, il y a quelques jours.

L’Algérie figure dans la note. Et sa production d’huile d’olive y fait bonne figure, augmentant de 27% à 80 000 tonnes, un volume en hausse par rapport à celui enregistré en 2016 et qui permet au pays de relever sa part exportable. L’année écoulée, les quantités exportées ont progressé de 15%. En valeur, elles ont augmenté de 8%. Mais cela reste aléatoire, les exportations différent d’une année à l’autre. Et les agriculteurs retiendront que la bonne moisson a été réalisée en 2006 où de gros volumes ont été mis sur le marché international. L’huile d’olive algérienne se vend bien en France, mais également dans d’autres pays dont le Canada. La campagne oléicole 2016-2017 a cependant connu une baisse concernant la production des olives destinées à l’huile et, par conséquent, un recul aussi de la production d’huile d’olive, selon une note de conjoncture publiée par l’Observatoire national des filières agricoles et agroalimentaires (ONFAA). En termes chiffrés, la production totale d’olives dépasse les  680 000 tonnes. 

Un détail, peu signalé dans les différents bilans, retient toutefois l’attention : certes, l’Algérie exporte de l’huile d’olive. Mais elle en importe également. Les importations d’huile d’olive en 2016 ont baissé de -42% en quantité et de -23% en valeur, comparativement à l’année précédente. Cependant, les huiles d’olive importées sont constituées essentiellement d’huile d’olive vierge (88% en 2015 et 93% en 2016) conditionnée généralement dans des bouteilles d’une contenance de 0,75 à 1 litre. La tendance à la hausse des importations d’huile d’olive qui a marqué ces dernières années, un pic enregistré en 2015 atteignant les 520 tonnes, s’est inversée au cours de l’année 2016 pour n’enregistrer qu’une quantité de 291 tonnes. Une baisse due certainement à la politique de l’État visant la réduction des importations des produits alimentaires, est-il noté dans le bilan diffusé par l’ONFAA. Il faut dire qu’il y a certains progrès réalisés dans la filière oléicole, mais que d’importants efforts restent nécessaires pour relever la production, parce qu’en l’espèce, l’Algérie se fait devancer par de nombreux pays, ainsi que le souligne le Conseil oléicole international. Ce dernier relève que dans le rang des fournisseurs de l’oléagineux, la Tunisie enregistre pour la saison 2017/2018, le plus fort taux de progression de son stock d’une année sur une autre grâce à une récolte de 220 000 tonnes (+120%). Elle est suivie par l’Argentine (+74%, 37 500 tonnes), la Turquie (+62%,  287 000 tonnes), le Maroc (+27%, 140 000 tonnes) et l’Algérie (+27%, 80 000 tonnes). Le Vieux Continent, lui, compte toujours pour une part de lion dans le tonnage global (plus de 60%). Toutefois, il ne verra globalement qu’une croissance faible de 3% de sa production en 2017/2018 à 1,8 million de tonnes. Selon l’organisation intergouvernementale, l’augmentation de la production d’huile d’olive à l’échelle mondiale est essentiellement due à des gains importants du côté des pays producteurs hors Europe. Pendant ce temps, et d’après le COI, la consommation mondiale d’huile d’olive tend vers le haut, mais dans de modestes proportions. Elle devrait connaître une croissance de 5% en s’établissant à
2 954 000 tonnes. Elle sera notamment tirée par l’UE, l’Egypte et la Turquie