La production algérienne d’hydrocarbures poursuivait sa tendance baissière en 2019 ; un mouvement amorcé depuis maintenant plusieurs années et que Sonatrach semble incapable d’enrayer pour le moment. Selon un bilan rendu public, hier, par le ministère de l’Energie, il est indiqué que la production commerciale d’énergie primaire a atteint 157,4 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2019, en baisse de -4,8% par rapport aux réalisations de l’année 2018.

A l’exception de l’électricité, tous les autres produits ont connu des variations à la baisse ; la baisse de la production du condensat étant la plus prononcée avec, au tableau, une chute de -7,6%, suivie du gaz naturel (-7,3%), le pétrole brut (-04%) et le GPL (-1,7%). La seule variation à la hausse, enregistrée durant l’exercice dernier, concernait la production d’électricité qui a augmenté de +2,4%. Ainsi, la production d’électricité primaire est passée de 783 à 835 GWh en 2019, tirée par une hausse (+30%) de la production de la filière hydraulique à la suite d’une pluviométrie favorable en 2019, où la production totale a été de 152 GWh contre 117 GWh en 2018. L’amont pétrolier et gazier continue ainsi à enchaîner les mouvements baissiers, une tendance qui perdure depuis au moins une dizaine d’années. La production du gaz naturel a ainsi baissé de 97,467 milliards
de m3 en 2018 à 90,349 milliards de m3 en 2019. Quant à la production du pétrole brut, celle-ci a marqué un léger déclin, passant de 53,592 millions de TEP en 2018 à 53,579 millions l’an dernier. La production du condensat a, quant à elle, baissé de 9,990 millions de TEP à 9,226 millions entre 2001 et 2019. La structure de la production d’énergie primaire commerciale reste dominée par le gaz naturel à hauteur de 54%, lit-on dans le rapport du ministère de l’Energie. Le même rapport précise que la production d’énergie dérivée a atteint 66,1 millions de TEP, en hausse (+2,2%) par rapport aux réalisations de 2018, tirée surtout par celle (+21,9%) de la production du gaz naturel liquéfié (GNL) et de l’électricité thermique (+2,1%). A l’inverse, la production des produits pétroliers a enregistré une baisse (-5,7%) comparativement à la même période de l’année précédente, pour s’établir à 27,7 millions de tonnes, tirée par la baisse (-7,3%) de la charge traitée de pétrole brut au niveau des raffineries après l’arrêt des opérations de processing de pétrole à l’étranger. La structure de la production d’énergie dérivée reste dominée par les produits pétroliers avec 44%. Les quantités d’énergie primaire transformées durant l’année 2019 ont connu une légère hausse (+1,2%) par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 67,2 M TEP. Dans les détails, la production d’électricité a connu un accroissement de 2,2%, l’activité de liquéfaction de gaz naturel a évolué de +22%, tandis que celle du raffinage a connu une décroissance de -7,3%.
Consommation
en hausse
Par ailleurs, au chapitre de la consommation d’énergie, le bilan du ministère de l’Energie fait ressortir une consommation totale en hausse de +3,0% pour s’établir à 66,9 millions de TEP en 2019. Elle représente près de 43% de la production totale. La consommation finale d’énergie a augmenté de (+4,6%) à 50,4 millions de TEP, tirée essentiellement par le gaz naturel (+6,1%), les GPL (+9,6%), les produits pétroliers (+4,1%) et l’électricité (+2,7%). La consommation finale des produits pétroliers (y compris GPL) s’est accrue de (+4,9%) en 2019 pour s’établir à 19 millions de TEP. Au plan du commerce extérieur des produits énergétiques, les importations ont pratiquement doublé (+98,3%) à 3,1 millions de TEP, suite à l’arrêt des opérations de processing de pétrole brut à l’étranger, alors que les exportations d’énergie ont atteint 92,0 millions de TEP, reflétant une baisse de -8,7% par rapport aux réalisations de 2018, en raison notamment de la chute des exportations de gaz naturel par gazoducs (-31%). n