Pour l’année 2020, l’on s’achemine, selon les prévisions, vers une production toute juste moyenne qui devrait tourner autour des 40 millions de quintaux.
Lancée en juin dernier, la campagne moissons- battage 2020 tire à sa fin. Dans les wilayas à vocation céréalière, rares sont les moissonneuses encore en activité. Dans les Directions des services agricoles (DSA), l’heure est au pré-bilan. Les prévisions qui tablaient sur une moisson d’au moins 40 millions de quintaux, toutes variétés confondues, commencent « à se confirmer », selon nos sources. Mais il faudra attendre que l’ensemble des DSA remettent leurs rapports pour être fixés sur les performances de cette année. D’ici là, un constat s’impose : « Les rendements sont très hétérogènes d’une wilaya à une autre et parfois à l’intérieur d’une même région », avance un cadre du secteur. Notre source rappelle que ce constat « n’est pas nouveau car il a toujours existé des niches d’excellent rendement alors que par endroits les récoltes sont à la limite de l’acceptable. C’est-à-dire avec des rendements qui ne dépassent pas les 15 quintaux à l’hectare (q/ha) au moment où la moyenne nationale se situe entre 19 et 21 q/ha. « Sauf que cette année, les écarts observés sont très importants alors que toutes les conditions étaient remplies pour donner des résultats satisfaisants ».
En attendant les statistiques définitives, de nombreux experts prévoient une saison « moyenne » comparativement à celle de 2018 (60 millions de quintaux). De son côté, le rapport du Foreign Agricultural Service du département américain de l’agriculture (USDA) prévoit une production de blé en Algérie pour la campagne de commercialisation 2020/2021 proche des prévisions locales. Cet organisme qui livre périodiquement des rapports sur l’état de la production agricole et commercialisation des céréales dans le monde, fait état d’une production locale de l’ordre de 3,9 millions de quintaux ainsi qu’une importation de pas moins de 5 millions de quintaux. Sur ce dernier point cette même source rapporte que le niveau des importations algériennes a été revu à la hausse du fait de la conjoncture sanitaire.
En effet, la pandémie a eu un effet sur la consommation locale qui a beaucoup augmenté, changeant ainsi les objectifs des pouvoirs publics de réduire le niveau des importations. Dès les premières semaines de confinement, les ménages se sont rués sur les produits alimentaires de base que sont la farine et la semoule, par crainte de pénuries et de rupture d’approvisionnement. Ce même rapport relève en outre une consommation d’orge en hausse en Algérie depuis l’année 2000, notamment du fait de l’augmentation de la demande d’aliments pour le bétail.
Les prévisions de l’USDA font également état du maintien de la consommation d’orge en Algérie au niveau de 2 millions de tonnes durant la campagne de commercialisation 2020/20201. «Les importations d’orge du pays dépendent des conditions météorologiques. Si les conditions de pâturage ne sont pas adaptées, la demande d’orge augmente», note l’USDA, qui prévoit que les importations d’orge s’élèveront aussi à 5 millions de tonnes au cours de l’exercice 2020/2021. n