Un mois après l’annonce de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) d’une revue à la baisse de ses prévisions de récoltes céréalières, c’est un second recul qu’elle révèle dans son dernier bilan sur l’offre et la demande. C’est donc une seconde baisse consécutive qui risque d’avoir un impact sur les cours mondiaux.

Synthèse Bouzid Chalabi
Pour rappel, la FAO avait établi, en juillet dernier, à 2 774 millions de tonnes la production mondiale de céréales pour 2022 puis, la faisant baisser de 17,2 millions de tonnes depuis le précédent rapport, publié en septembre 2002. «Etablies à 2 768 millions de tonnes, les dernières prévisions de la Fao concernant la production mondiale des céréales en 2022 sont en recul pour le deuxième mois consécutif. Elles cèdent 5,9 millions de tonnes par rapport à septembre et descendent ainsi à un niveau inférieur de 1,7 % à celui de 2021», lit-t-on dans le document. A propos des raisons de cette seconde baisse consécutive des prévisions, cette même source explique que la majeure partie du recul global enregistré ce mois-ci (octobre ) est à mettre au compte de la baisse des prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires, les perspectives de rendement ayant continué à fléchir dans les principaux pays producteurs en raison de la persistance de conditions météorologiques défavorables. On apprend en outre que la production mondiale de céréales secondaires devrait atteindre 1 468 millions de tonnes, «soit un recul de 2,8 % en glissement annuel», est-il précisé. Autre explication donnée par l’Organisation «des conditions météorologiques défavorables pour les cultures aux Etats-Unis d’Amérique «. Concernant la production mondiale de riz elle devrait, selon la FAO, s’établir à 512,8 millions de tonnes, soit un chiffre en recul de 2,4% par rapport au niveau record atteint en 2021, mais qui reste encore au-dessus de la moyenne. On lit dans ce sens que «la révision à la baisse de la production rizicole depuis septembre est le résultat de la sécheresse de l’été et des fortes températures en Chine, auxquelles se sont ajoutées des inondations au Pakistan».
Par ailleurs, la FAO fait rappeler qu’en septembre, elle a relevé ses prévisions concernant la production mondiale de blé pour les porter à 787,2 millions de tonnes, soit une progression de 1,0 % par rapport à l’année précédente, avec un nouveau record en perspective, à la faveur de rendements supérieurs aux attentes dans l’Union européenne et en Fédération de Russie. Autre indication donnée par cette même source, celle relative à l’utilisation mondiale de céréales en 2022-2023. Pour la FAO, elle devrait s’établir à 2 784 millions de tonnes, soit un niveau inférieur de 0,5 % à celui de 2021-2022, «cette réduction étant principalement imputable à une moindre utilisation dans l’alimentation animale», explique-t-elle. Au sujet des stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2023, ils devraient, selon l’organisation, se contracter de 1,6 % par rapport à leurs niveaux d’ouverture pour s’établir à 848 millions de tonnes. Et de révéler dans ce sillage : «On s’attend à un léger recul du rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial qui, après avoir été de 31 % l’année précédente tomberait à 29,7 % en 2022-2023, soit un niveau encore relativement élevé au regard des précédents». S’agissant des échanges mondiaux de céréales «les projections font état d’une baisse de 2,4 % en 2022-2023 (juillet-juin) par rapport à la campagne de commercialisation précédente et laissent entrevoir des contractions des échanges pour toutes les céréales principales», conclut l’Organisation onusienne. n