La production agricole algérienne a atteint un chiffre d’affaires de 3 000 milliards de dinars lors de l’année 2017, a indiqué hier le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi. Hormis les produits laitiers et les céréales, les besoins locaux en produits agricoles ont été presque totalement satisfaits par cette production, a souligné
M. Bouazghi lors d’une séance plénière du Sénat consacrée au foncier agricole.

Le ministre a, à l’occasion, réitéré les prévisions de son département quant à l’autosuffisance en matière de produits agricoles. Celle-ci sera « bientôt » atteinte, a-t-il déclaré de nouveau. Insistant sur les capacités du foncier agricole dans notre pays qui sont de « 238 millions d’hectares », a précisé le premier responsable du secteur.
Se livrant aux détails des chiffres, M. Bouazghi a poursuivi son intervention en faisant savoir que de cette superficie globale, seuls 48 millions d’hectares sont exploités dont 32 millions d’hectares pour l’élevage, un peu plus de 4 millions d’hectares pour les forêts. Les terres agricoles fertiles représentent 8,5 millions d’hectares, a encore indiqué le ministre, précisant que 36% de cette superficie (près de 3 millions d’hectares) ne sont pas exploités, a-t-il poursuivi.
Evoquant les dispositions juridiques introduites par le gouvernement en 2011, dans le cadre de la concession agricole, le ministre dira qu’elles ont permis d’attribuer plus de 800 000 hectares à près de 20 000 bénéficiaires. Dans le cadre du dispositif appelé « Les grandes surfaces », une superficie de 52 1000 hectares a été attribuée en faveur de 1 533 personnes, a-t-il encore chiffré, avant de faire remarquer que ce sont 126 fermes agricoles représentant 150 000 hectares qui ne sont pas exploitées à ce jour. Quant aux fermes exploitées, elles ont produit pour 300 milliards de centimes pour une valeur réelle de 800 milliards de centimes. Activant dans le cadre d’un partenariat public-privé à partir de 2017, ces fermes ont laissé transparaître des « négligences » dans leur fonctionnement, aussi bien sur le plan financier que celui des ressources humaines, a fait part M. Bouazghi, précisant que, face à cette situation, l’Etat a récupéré près de 300 000 hectares négligés par leurs propriétaires durant une période de 10 années, voire 15 années dans certains cas.

Crise du lait en sachets, le ministre rassure

La commercialisation du lait en sachet a enregistré un « retour à la normale » ces derniers jours a, en outre, estimé Abdelkader Bouazghi, lors d’un point de presse animé en marge de la séance plénière du Sénat. Le ministre a affirmé que la crise du lait a sévi durant plusieurs semaines et a touché particulièrement les deux grandes wilayas Alger et Oran, alors que « dans de nombreuses autres wilayas, ce produit est disponible en quantités suffisantes », a-t-il soutenu. « Lorsque nous avons diagnostiqué ce problème, nous avons constaté une spéculation dans certaines grandes villes qui a généré une instabilité dans la distribution et les prix aussi », a-t-il expliqué. Avant d’évoquer le cas des quatre laiteries fermées par les pouvoirs publics pour « utilisation de la poudre de lait à des fins autres que celles pour laquelle elle est subventionnée, et également pour non-respect de la cartographie mise en place par le ministère dans la distribution du lait », a-t-il justifié. Des dispositions ont été prises à l’encontre des distributeurs qui n’ont pas respecté la cartographique du ministère concernant la distribution », indique aussi le ministre.
En prévision du mois de Ramadhan, qui arrive bientôt, M. Bouazghi s’est voulu rassurant en déclarant que les services concernés de son ministère vont continuer à approvisionner régulièrement et en quantités suffisantes le marché tout en exerçant un contrôle sur les laiteries et les distributeurs. « Le gouvernement a pris des dispositions dans ce sens pour injecter des quantités supplémentaires en cas de besoin, tant pour le mois de Ramadhan que pour la période qui suivra », conclura le premier responsable du secteur.