Par Bouzid Chalabi
La valeur de la production agricole nationale demeure sur une tendance à la hausse. Et pour preuve, elle s’est élevée au terme de l’année 2021 à plus de 25,6 milliards de dollars contre 25 milliards de dollars en 2020. Une légère hausse certes, mais pour le moins appréciable compte tenu de conditions pas du tout propices pour escompter des rendements intéressants.
Toutefois, selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Mohamed Abdelhafid Henni, la valeur réalisée en 2021 «demeure rassurante». Il l’a expliqué à la commission lors de son exposé sur le bilan de son secteur à l’occasion d’une séance de questions orales à l’Assemblée nationale populaire, mardi dernier. Selon le ministre, «les rendements sont restés efficaces en dépit de ces temps de crise sanitaire mondiale liée à la pandémie de la Covid-19. «Et d’abonder dans ce sens : «Le secteur a également pu participer et contribuer à l’aspect social et humanitaire auprès des régions les plus enclavées et en difficulté durant cette crise.» M. Henni a indiqué que les résultats réalisés sont «rassurants» en dépit du recul enregistré dans plusieurs filières, dont celles des céréales et des légumineuses qui enregistrent une baisse dans la production depuis 2018 en raison du faible niveau des précipitations notamment dans le centre et l’ouest du pays.
A ce propos il a indiqué : «Pour faire face à cette conjoncture climatique, il a été procédé à la réalisation d’un programme d’irrigation complémentaire destiné à la céréaliculture, la superficie irriguée en 2021 s’étant élevée à 114 052 hectares.» Concernant les légumes, le ministre a rapporté que la production globale a baissé de 3,4 % durant la saison 2020-21, y compris la pomme de terre, dont la production a reculé de 6,4 %. Quant à la production des tomates industrielles, il dira qu’elle a, cependant, augmenté de 27 % durant la saison 2020-21 par rapport à 2019-20, «ainsi que les dattes de 3,9 % pendant la même période», a-t-il noté. Au registre de la viande rouge, sa production a connu, selon le ministre, une hausse de 5 %, alors que celle des viandes blanches a baissé de 27 % en raison de la hausse de la valeur des intrants de l’aviculture au niveau du marché mondial et la propagation de certaines maladies touchant cette filière. Le ministre a relevé également une stabilité dans la production de lait frais.
Au sujet du foncier agricole, le bilan présenté par le ministre fait état de la récupération de 750 000 hectares dans le cadre du programme de mise en valeur des terres, ainsi que de 150 000 hectares recensés dans le cadre de l’opération de recensement des exploitations sans titres en vue de régulariser leur situation juridique. On lit également qu’après avoir écouté l’exposé détaillé du ministre, les membres de la Commission ont mis l’accent sur l’importance de l’assainissement du foncier agricole et l’accompagnement des agriculteurs afin d’accroître la production et garantir la sécurité alimentaire du pays.
Interrogé enfin sur le plan de reboisement après les lourdes pertes enregistrées l’été dernier causées par les multiples feux dans de nombreux massifs forestiers du pays, le ministre a rassuré que plus de 1,5 million d’arbres ont été plantés cette année dans le cadre du plan national de reboisement.