Selon le directeur général par intérim à la direction générale de la gestion du secteur public marchand (DGGSPM) au ministère de l’Industrie et des Mines, des enquêtes sont ouvertes sur les causes de la forte spéculation sur les produits d’hygiène et de protection, très demandés sur le marché depuis le début de l’alerte au nouveau coronavirus en Algérie.

Hocine Bendif précise qu’une réunion est prévue «cette semaine» au niveau du ministère pour examiner ce problème. Ce même responsable a fait une révélation qui ne surprend pas les observateurs du secteur mais qui n’est pas sans susciter de l’amertume et des interrogations sérieuses sur l’efficacité de l’information économique dans notre pays.
M. Bendif a, en effet, déclaré que ce secteur de l’industrie des produits d’hygiène et de protection est dans l’ignorance du nombre d’entreprises et d’opérateurs qui en font partie. Pas de statistiques fiables, donc, et il a fallu une crise sanitaire comme celle que le pays connaît aujourd’hui pour qu’on découvre cette aberration. «Un travail pour leur recensement est en cours», a-t-il confié à l’APS.
Ce manque de statistiques concernant cette activité a été confirmé par le secrétaire général de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), Mahfoud Megateli, dans une déclaration à l’agence de presse toujours. «Plusieurs centaines d’entreprises nationales privées spécialisées dans la fabrication des produits de désinfection, de stérilisation et d’hygiène corporelle et des surfaces qui n’ont pas été recensées à ce jour», a-t-il indiqué. Cet associatif patronal a appelé, dans ce cadre, à la «mise à jour du fichier national des entreprises nationales privées», notamment celles «spécialisées dans la fabrication de ces produits ou autres, en vue de les faire connaître aux consommateurs et operateurs, outre la définition de leurs responsabilités».
M. Megateli a plaidé, en outre, pour la valorisation du travail de ces entreprises, ajoutant que plusieurs offrent actuellement «le produit à titre gracieux au profit des établissements et des centres sanitaires, à l’instar des bavettes, des tabliers stérilisés à usage unique et autres». Le secrétaire général de la CGEA a affirmé que l’Algérie avait réussi à réaliser l’autosuffisance dans ce domaine grâce aux entreprises publiques et privées. La conjoncture et le pic de la demande ont contraint les entreprises à s’adapter rapidement à la forte demande à travers des mesures urgentes dont les résultats seront connus lors des prochains jours, a-t-il soutenu. Pour ce qui concerne les difficultés apparues par rapport à la hausse vertigineuse de la demande, il a fait savoir que ce problème n’est pas dû au recul d’importation des matières essentielles, mais porte essentiellement sur la lenteur des procédures de financement par les banques. Selon Megateli, les adhérents à la CGEA ont convenu de changer l’activité de certaines entreprises activant dans la production des produits de beauté à la production des stérilisants, des détergents et des savons à même de répondre à la demande croissante. n