Par Hamid Bellagha
Après des années fastes où les petites citadines asiatiques étaient proposées à un million de dinars, revoilà le temps de la disette et le retour des « smasriyas », les barons du marché automobile. L’industrie automobile, et suite à des retouches que l’on voulait régulatrices, a complètement sombré, l’actuel exécutif et ceux après 2019, étant incapable de réparer la mécanique rouillée imposée par les barons d’antan de l’importation automobile. Les cahiers de charges proposés étaient toujours illisibles, tandis que le ministère de l’Industrie, atteint de procrastination aigue, n’en finissait pas de promettre des lendemains meilleurs.
Au bout du compte, le marché de l’automobile est complètement chamboulé. Acquérir aujourd’hui une voiture neuve devient un rêve inaccessible. L’occasion non plus n’est plus donné, la loi de l’offre et de la demande ayant appliqué scrupuleusement ses règles dans un marché conquis par un autre genre d’importateurs. A chaque trimestre pratiquement, promesse est faite de libérer l’horizon pour les importateurs de véhicules et l’installation de nouveaux concessionnaires avec des actes drastiques. Mais à chaque fois une marche arrière était enclenché alors que l’on espérait une meilleure vitesse de croisière du dossier automobile.
Le constat est donc vite fait. Ce n’est pas demain que l’on retournera chez un concessionnaire pour choisir une voiture en famille, le conjoint étant porté sur un SUV alors que la petite dernière voudrait 4×4 pas trop encombrant. On est revenu au temps où l’on prenait que ce qu’il y avait sur le marché. Quant aux prix, c’est de la folie furieuse. Une voiture d’occasion est revendue, facilement, à plus de quatre fois son prix de base sur le catalogue de la maison en 2019. Du jamais vu, même au temps des « bons » de Sonacome.
Les mots magiques sont à chaque fois extirpés du chapeau des prestidigitateurs du ministère de l’Industrie, comme l’intégration, la souveraineté nationale, ou encore la garantie des pièces détachées et du service après-vente. Autant d’écueils dressés face au désir des concessionnaires spoliés par la mafia de l’automobile d’avant 2019 de se ressourcer, de renouveler et de nettoyer un marché pourri par le népotisme et la corruption. L’urgence étant plusieurs fois signalée, le CAPC et d’autres organisations patronales se proposent de fournir des solutions, même temporaires, afin de permettre au marché automobile sclérosé de retrouver une meilleure souplesse en attendant que le ministère de tutelle prenne enfin une décision salutaire pour le secteur et le citoyen.