La Ligue arabe a accusé mardi l’occupant israélien de «voler les terres» des Palestiniens, au lendemain de l’adoption d’une loi controversée qui permettra à l’Etat d’occupation de s’approprier de centaines d’hectares de terres palestiniennes en Cisjordanie occupée.

La loi controversée a été adoptée tard lundi soir par le Parlement israélien en troisième et dernière lecture. «La loi en question n’est qu’une couverture pour voler les terres et s’approprier les biens des Palestiniens», a dit dans un communiqué le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit. Le texte s’inscrit dans la continuité «des politiques israéliennes qui visent à réduire à néant toute possibilité d’une solution à deux Etats et la mise en place d’un Etat palestinien indépendant», poursuit le chef de l’organisation panarabe basée au Caire. Parallèlement, le royaume jordanien a «vivement dénoncé une loi provocatrice susceptible de tuer tout espoir d’une solution à deux Etats», israélien et palestinien, a déclaré le ministre jordanien de l’Information Mohamed Momani. Cité mardi par l’agence officielle jordanienne Pétra, M. Momani a averti que le vote au Parlement israélien risquait d’«entraîner la région dans de nouvelles violences et de torpiller tout effort de paix». L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avait accusé lundi cette loi de «légaliser le vol» de terres palestiniennes, estimant que «l’entreprise de colonisation d’Israël est une entrave à la paix et à la possibilité d’une solution à deux Etats». Pour leur part, les Etats-Unis ont refusé de prendre position sur la loi votée par le Parlement israélien. Dorénavant «l’administration (de Donald Trump) a besoin de consulter toutes les parties sur la manière d’avancer», a expliqué un responsable du département d’Etat qui vient de changer de patron, Rex Tillerson ayant succédé à John. Depuis l’investiture du nouveau président des Etats-Unis Donald Trump, les autorités israéliennes ont annoncé plusieurs plans en faveur de la colonisation. Ankara a également vivement condamné mardi l’adoption par le Parlement israélien d’une loi permettant à l’Etat de s’approprier des terres palestiniennes en Cisjordanie occupée, une critique qui survient en pleine visite d’un ministre turc à Tel-Aviv. Le déplacement en Israël du ministre turc du Tourisme Nabi Avci est le premier effectué par un membre du gouvernement d’Ankara dans ce pays depuis un incident maritime en 2010 qui avait provoqué une grave crise diplomatique jusqu’à un récent accord de normalisation. «Nous condamnons fermement l’adoption par le Parlement israélien d’une loi qui donne son blanc-seing à plusieurs colonies qui représentent 4 000 unités de peuplement construites sur des propriétés privées de Palestiniens», a indiqué le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué. «La politique qu’Israël s’obstine à mener (…) est inacceptable», a ajouté le ministère dans son communiqué. La loi en question permettra de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des Israéliens ont construit sans autorisation, soit parce qu’ils ignoraient qu’ils étaient propriétés privées, soit parce que l’Etat les aurait laissés faire. Les propriétaires palestiniens seraient compensés financièrement ou par d’autres terrains, selon ce texte voté lundi.