Les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal n’ont pas échappé, cette fois encore, à de lourdes peines de la justice algérienne. Dans l’affaire Tahkout, où sont impliquées
66 personnes physiques et 58 personnes morales, et dont le verdict est tombé, hier mercredi, les deux anciens hauts cadres ainsi que l’ex-ministre de l’Industrie et des Mines, Youycef Yousfi, n’ont d’ailleurs pas assisté au jugement prononcé par le Tribunal correctionnel de Sidi M’hamed.

D’après le Procureur de la République, ils sont tous les trois hospitalisés. Le président du Tribunal a condamné Sellal et Ouyahia à une peine de 10 ans ferme et une amende de 500 000 DA pour abus de fonction. Ils sont tous les deux innocentés des accusations relatives à la corruption et au blanchiment d’argent, mais condamnés pour ne pas avoir respecté les règles de la transparence, de la concurrence, et inculpés pour non-respect de la conformité aux cahiers des charges dans le montage automobile. La peine la plus lourde est prononcée contre l’ancien ministre de l’Industrie et des Mines en fuite Abdeslam Bouchouareb, accusé d’avoir octroyé des avantages dans le secteur automobile, de corruption, de blanchiment d’argent et surtout d’avoir élaboré un nouveau cahier des charges dans ce secteur, illégal, et sans publication sur le Journal Officiel. Ainsi, le juge lui a infligé une peine de 20 ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars, assortie d’un mandat d’arrêt international. Youcef Yousfi, pour sa part, est blanchi des accusations liées à l’octroi d’avantages et de privilèges, mais écope d’une peine de 2 ans de prison ferme et d’une amende de 300 000 DA pour les autres charges retenues contre lui, à savoir la prolongation notamment du délai, de 12 mois, pour la mise en activité des usines de montage automobiles. Le Tribunal a infligé une peine de 3 ans de prison ferme et d’une amende de 500 000 DA à l’encontre de l’ex-ministre des Travaux publics, Amar Ghoul, inculpé pour avoir favorisé Tahkout en lui octroyant une concession au niveau du port de Skikda. Il est innocenté d’avoir octroyé des avantages, mais condamné pour abus de fonction. L’ex-wali de Skikda, Fawzi Belhocine, impliqué dans cette même affaire, écope d’une peine de 2 ans de prison ferme. L’ancien ministre des Transports et des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, quant à lui, est acquitté des charges retenues contre lui après avoir été accusé d’avoir accordé des avantages non justifiés à Tahkout dans le transport urbain et d’avoir approuvé des transactions publiques illégales. La famille Tahkout écope entre 3 et 16 ans de prison fermes. Mahiédine Tahkout, l’accusé principal, inculpé pour avoir exploité des cahiers des charges non conformes dans le secteur automobile et d’avoir été privilégié en bénéficiant de 71 transactions publiques en l’espace de deux ans dans le transport urbain et universitaire et favorisé aussi dans l’acquisition des concessions agricoles et industrielles en infraction aux procédures réglementaires, écope de la peine la plus lourde par rapport aux autres membres de la famille. Le président du Tribunal l’a condamné à une peine de 16 ans de prison ferme et d’une amende de 500 000 DA ainsi qu’à la saisie de toutes ses concessions agricoles et industrielles obtenues de façon illégale. Par ailleurs, toutes les entreprises du groupe sont condamnées à une amende de 32 millions de dinars, au gel de tous les comptes bancaires et à une exclusion de toutes les transactions publiques pour une durée de 5 ans. Les autres membres de la famille Tahkout, Rachid, Hamid et Bilal (fils de Mahièdine Tahkout), écopent d’une peine de 7 ans de prison ferme chacun et d’une amende de 8 millions de dinars, tandis que Nacer est condamné à une peine de 3 ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars. Ils sont inculpés pour corruption, blanchiment d’argent, d’avoir bénéficié d’avantages dans les contrats de concession et dans les transactions publiques dans le transport urbain et universitaire notamment. Le juge a condamné tous les membres Tahkout à la saisie de leurs biens et au gel de leurs comptes bancaires.<