Le verdict dans l’affaire Khlaifa Bank est tombé hier. Le tribunal criminel près la Cour de justice de Blida a condamné Abdelmoumène Khalifa à une peine de 18 années de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de dinars.
C’est donc la même peine prononcée lors du premier procès par le même tribunal, en juin 2015, qui a été reconduite contre l’accusé principal dans ce dernier. Ce dernier se trouve, cependant, incarcéré à la prison de Blida depuis décembre 2013, après son extradition par la Grande Bretagne.
Mercredi dernier, le Procureur général avait requis la perpétuité contre l’ex-PDG du groupe Khalifa, principal accusé dans cette affaire.
L’accusé Rafik Khalifa, actuellement en détention, a été, également, condamné à des peines complémentaires, à savoir la privation de ses droits civiques pour une durée de trois ans. A l’achèvement des plaidoiries de la défense, durant la matinée, les 12 accusés dans cette affaire, dont Abdelmoumène Khalifa, ont été invités par la présidente du tribunal à dire leur dernier mot, avant les délibérations. Ces derniers ont remercié le tribunal de leur avoir permis de «s’exprimer en toute liberté contrairement au procès de 2015». Dans la logique de leur déclarations faites durant leur audition, ou durant les plaidoiries de leurs avocats, ils n’ont pas manqué de réitérer leur demande d’«acquittement des accusations montées de toutes pièces contre eux» et leur «réhabilitation et la mainlevée sur leurs biens acquis avant de rejoindre le Groupe Khalifa».
Pour sa part, l’accusé principal Abdelmoumène Khalifa a exprimé son «souhait de voir la vérité éclater cette fois-ci, après les années passées en prison pour des accusations montées contre lui par l’ancien système». En ces sens, il a sollicité le tribunal pour «des jugements équitables cette fois-ci». Référence faite au premier procès de cette même affaire, en 2015, période durant laquelle l’ex-PDG du groupe Khalifa faisait face à un complot monté contre lui par l’ancien système, n’a-t-il cessé de répéter, lui et ses avocats, durant ce procès de six jours, qui a pu avoir lieu après que la Cour suprême a décidé de renvoyer l’affaire pour un nouveau procès, après avoir constaté «la non-audition de certaines parties entre accusés et témoins».
Pour son retour à la barre, Abdelmoumène Khalifa et d’autres accusés en fuite étaient poursuivis pour les mêmes chefs d’inculpation, à savoir «constitution d’association de malfaiteurs», «falsification de documents officiels et usage de faux», «vol en réunion, escroquerie, abus de confiance et corruption», «falsification de documents bancaires», et «banqueroute frauduleuse». Des crimes passibles de la peine capitale requise hier par le Procureur général.
Ses avocats, comme ceux des 11 autres accusés, se sont par la suite relayés à la barre, mercredi, jeudi et hier matin, pour riposter au lourd réquisitoire du représentant du parquet général et tenter de convaincre la magistrate, en axant leur action sur le statut de «victimes» de l’ancien système que qu’auraient été leurs mandants respectifs. D’où la demande d’acquittement formulée auprès de la juge par chacun des avocats.
Ce procès a de nouveau démontré qu’il existait de nombreux dépassements dans la gestion de la banque Khalifa, notamment à travers le témoignage de l’expert-comptable désigné par la justice, Hamid Foufa. Une gestion «chaotique» au niveau des agences et de la caisse principale, avait affirmé M. Foufa, signalant, entre autres, que l’expertise financière réalisée en mai 2004, et ayant concerné la caisse principale de Cheraga, a donné lieu à l’enregistrement d’un trou financier de plus de 3,277 milliards de DA, suite à des retraits de fonds de neuf agences, où des trous financiers ont été également enregistrés, et qui n’ont pas été déposés à la caisse principale. n