Par : Nadir Kadi
La rentrée sociale devrait, cette année encore, être marquée par une série de procès impliquant d’anciens hauts responsables politiques et acteurs économiques de la présidence Bouteflika. La justice programme, en effet, durant ce mois de septembre, l’ouverture de l’affaire Hamid Melzi et d’Imane Houda Faraoun, tous deux soupçonnés d’actes de «corruption» et d’abus de fonction. Plusieurs juridictions du pays devront également revoir de précédentes condamnations, notamment celles prononcées dans la cadre du jugement de l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout. Premiers dossiers programmés par la justice, l’ouverture du procès Hamid Melzi, ancien Directeur général de l’établissement public Sahel, est prévue le 6 septembre par le juge du pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed. Le prévenu placé sous mandat de dépôt en juin 2019 est, pour rappel, poursuivi aux côtés des anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal dans le cadre de soupçons «d’abus de fonction volontaire» ayant eu pour but d’accorder «d’indus privilèges en violation des lois et réglementations». Et plus concrètement, le dossier établi par la justice met en avant, selon plusieurs sources, de possibles détournements de fonds dans la gestion de l’établissement qui avait notamment à sa charge le contrôle de Club-des-Pins. Ainsi, il apparaît que Hamid Melzi et des membres de sa famille auraient obtenu des terrains agricoles et des zones industrielles à Alger et Djelfa, de centres commerciaux, de villas… en mettant à profit la position du principal suspect. Ce dernier avait été mis sous mandat de dépôt en mai 2019 pour «espionnage économique», la justice avait plus tard ajouté d’autres chefs d’inculpation liés à la gestion des résidences d’Etat de Moretti et de Club-des-Pins. Quant à l’ancien homme d’affaires Mahieddine Tahkout, condamné le 18 novembre dernier par la Cour d’Alger à 14 ans de prison ferme, son dossier devrait de nouveau être examiné par la justice. Les avocats de la défense avaient, en effet, déposé plusieurs recours, rejetés en mai dernier par la Cour suprême. Cependant, la plus haute juridiction avait accepté une requête du Parquet général «concernant la décision rendue pour certaines accusations et la peine prononcée pour certains accusés», avait fait savoir l’APS. Et c’est dans ce contexte que les pourvois en cassation présentés par les parties civiles et le juriste du Trésor public ont été acceptés «dans la forme et dans le fond». Quant au fond du dossier qui a conduit à la condamnation de Mahieddine Tahkout, il s’agit de principalement de «corruption» et «obtention indue» de marchés publics, de «perception d’indus avantages» et de «blanchiment d’argent» dans le cadre de projets d’investissements automobile et de marché de transport public. Affaire qui met également en avant des soupçons de «corruption», mais cette fois dans la gestion du secteur des télécommunications. L’ouverture du procès de l’ancienne ministre de la Poste et des Télécommunications, Imane Houda Faraoun a été reporté par le juge du pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed d’Alger au 20 septembre prochain «suite à la demande des avocats de la défense». Ce jugement initialement prévu le 30 août retient, pour rappel, les chefs d’accusation liés à la «corruption», la «dilapidation de deniers publics», «l’octroi d’indus privilèges» et «d’abus de fonction». Des charges lourdes qui impliquent également plusieurs anciens cadres du ministère et d’entreprises publiques relevant du secteur de la Poste et des Télécommunications. Par ailleurs, il est également signalé que le Tribunal criminel de première instance de Dar el-Beïda a fixé au 26 septembre le procès de l’ancien ministre de la justice Tayeb Louh. L’ex-responsable, qui devrait comparaître aux cotés plusieurs autres anciens responsables, dont le frère et conseiller de l’ancien Président Saïd Bouteflika, avait été informé, dès août 2019, des charges retenues contre lui, notamment «abus de fonction», «entrave au bon fonctionnement de la justice» ou encore «incitation à la falsification de procès-verbaux officiels». Et dans un registre très différent, la justice devrait également «revoir» dès le 23 septembre prochain le jugement qui a été prononcé contre le journaliste Khaled Drareni. Les avocats de la défense avaient déposé un pourvoi en cassation dès la condamnation de leur client pour «incitation à attroupement non armé» et «atteinte à l’unité nationale». Une demande qui devrait aboutir à un nouveau jugement face à une nouvelle composition des juges, selon l’avocat du journaliste. Quant au procès de Karim Tabbou, initialement prévu le 28 juin devant la Cour de Tipasa, il devrait finalement se tenir le 27 septembre au niveau de la même juridiction. <