Jugé en appel par la Cour d’Alger, le 28 octobre dernier, le traitement de l’affaire Tahkout a été l’occasion, hier matin, d’entendre les plaidoiries des avocats de deux des frères du principal accusé, Mahieddine Tahkout.
Les avocats de Hamid et Nacer Tahkout, respectivement condamnés en première instance à 7 et trois ans de prison ferme, ont réclamé l’abandon de toutes les charges ainsi que la «restitution des biens saisis». Ils argumentent leurs plaidoiries en soulignant que le dossier d’accusation «était vide» et qu’aucune «preuve solide» n’avait été présentée. Les deux accusés n’étant par ailleurs liés à aucune affaire de leur frère.
En ce sens, l’un des avocats de Hamid Tahkout, condamné, explique l’avocat, pour des faits «d’incitation» d’agent de l’Etat en vue de la passation frauduleuse de contrats, mais aussi de «falsification de procès-verbaux de contrôle technique des bus de son frère» grâce à son entreprise de contrôle technique, serait totalement «innocent de ces charges». La défense estime que les liens établis par la justice entre l’accusé et des responsables des œuvres sociales d’université par les relevés téléphoniques ne «prouvent rien». L’un des avocats déclare : «On parle de contacts téléphoniques, mais où sont les conversations ? Par ailleurs, le numéro n’est pas celui de mon client, mais celui de l’entreprise.»
Le collectif de la défense réclame ainsi pour les deux accusés que «le jugement ne soit basé que sur des preuves». L’avocat de Hamid Tahkout a carrément remis en cause le procès en première instance relevant ce qu’il qualifie «d’erreurs». Il note notamment que «le dossier d’accusation a confondu Mahieddine Tahkout et Tahkout Hamid». Les deux frères auraient néanmoins été «complices» dans le dossier de contrôle technique des autobus. Bien que l’avocat le réfute encore : «On dit que l’entreprise de contrôle technique aurait falsifié les P-V et le nombre de place d’autobus» pour en changer la catégorie, or cela est faux, il n’y a aucune preuve.» Un autre avocat ajoute à ce propos : «Comment imaginer qu’aucun gendarme, aucun contrôle ne s’est rendu compte d’une telle falsification.»
Quant à la défense de l’accusé Nacer Tahkout, le «grand frère», elle s’est concentrée sur sa personnalité, expliquant qu’il a toujours été un commerçant «à l’ancienne», qu’il «ignorait totalement» les techniques de fraudes qu’on lui reproche. «Tahkout Nacer ne connaît aucun cadre de l’Etat, aucun responsable. Il a toujours été commerçant, depuis les années 1970». La défense reconnaît toutefois que Nacer Tahkout a été «associé» à Cima Motor entre 2013 et 2016 mais il n’avait «eu en 3 ans aucune responsabilité administrative, il n’a rien signé et n’est jamais entré en contact dans l’optique d’un marché ou d’un contrat».
Les avocats qui ont également abordé l’accusation de «blanchiment d’argent» qu’ils ont «totalement réfutée». Les avocats de Hamid Tahkout précisent : «Je ne sais pas d’où sort cette histoire de biens à l’étranger, il n’y a aucune preuve, aucun numéro de compte…». Une défense qui a suivi hier la même ligne que celle du fils de Mahieddine Tahkout, Bilal, ses avocats ayant précisé la veille que la seule raison de sa présence dans le box des accusés était «son nom de famille et des articles de presse accusateurs». <