Le procès en appel de l’affaire du détournement du foncier de la wilaya de Skikda s’est ouvert, hier, au niveau de la Cour d’Alger après une série de reports. Le dossier, qui cite l’implication de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, ainsi que des anciens ministres des Travaux publics, Amar Ghoul et Abdelghani Zaalane, dans le «pillage» du foncier agricole et touristique de la wilaya, avait été jugé en première instance par le Tribunal de Sidi M’hamed.
Ce premier verdict avait, pour rappel, conclu le 4 janvier dernier à des peines allant jusqu’à 7 ans de prison ferme contre l’ancien Premier ministre. Les autres accusés avaient, quant à eux, écopé de peines de prison comprises entre 1 et 5 ans ; notamment Amar Ghoul et Abdelghani Zaâlane, tous deux condamnés à 3 ans fermes et 1 million de dinars d’amende.
Dossier qui retient les charges «d’abus de fonction», «d’octroi d’indus privilèges» et de «dilapidation de deniers publics», il s’agit plus précisément du détournement d’assiettes foncières de la wilaya et de leur exploitation en dehors de leurs cadres d’utilisation légale. La justice avait en ce sens évoqué des collusions entre hommes d’affaires et responsables politiques locaux et nationaux. Ainsi en plus des ministres mis en cause, le dossier cite l’implication des ex-walis de Skikda au moment des faits, Fawzi Ben Hocine et Derfouf Hadjri, en plus de l’ancien wali Mohamed Bouderbali. Les trois responsables reconnus coupables en première instance avaient été condamnés, avant de faire appel, à deux ans de prison pour les deux premiers et cinq ans pour le dernier en plus d’amendes d’un million de dinars
Quant au bénéficiaire des faits reprochés par la justice, il s’agirait de l’investisseur Ben Fassih Mohamed, notamment connu pour ses projets dans le domaine du tourisme et de l’hôtellerie à Skikda. Le Tribunal de Sidi M’ hamed l’avait en ce sens condamné à quatre ans de prison ferme et d’une amende d’un million de dinars. Par ailleurs, il est également à préciser que le procès avait cité la complicité de près d’une vingtaine de personnes, notamment Ben Fassih Seifeddine, le fils de l’homme d’affaires Ben Fassih Mohamed, ainsi que l’ancien directeur des Domaines de la wilaya, Rachid Amara.