Le procès en appel du conseiller et frère de l’ancien-président Saïd Bouteflika, des généraux à la retraite des services de renseignements Mohamed Mediène, dit Toufik, et Athmane Tartag, dit Bachir, et de la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune, se poursuit aujourd’hui. La matinée sera consacrée aux réquisitoires et aux plaidoiries de la défense.

Le procès, qui s’est ouvert, hier, au tribunal militaire de Blida, après validation de la demande portant appel du jugement prononcé le 25 septembre 2019, s’est déroulé à huis clos.
Les avocats de la défense ont déclaré que les accusés se sont présentés à l’audience, à l’exception de Athmane Tartag, qui occupait le poste de coordinateur des services de sécurité à la présidence de la République au moment des faits objets de poursuites. «Le général Tartag a refusé de comparaître et adopté la même ligne de conduite que lors du procès de septembre», a indiqué Me Farouk Ksentini. Il est resté dans sa cellule et a refusé de se présenter à la salle d’audience pour assister au procès. Un droit que lui confère la loi. A part cela, «le procès s’est déroulé dans des conditions normales», selon Me Khaled Bourayou, qui a fait une déclaration à la presse en milieu de journée, ajoutant que les chefs d’inculpation retenus contre les accusés pour le procès en appel sont les mêmes que ceux du premier procès. Pour les avocats de la défense, «les chefs d’inculpation ainsi que le premier verdict sont trop lourds» en comparaison avec ce qui s’est réellement passé.
La séance de la matinée a été consacrée à l’audition du général Mohamed Médiène. Dans ses réponses au juge qui l’a interrogé, a poursuivi Me Bourayou, le général Toufik a déclaré qu’il a été «le premier à avoir mené une campagne contre la corruption en chargeant ses services d’investiguer sur des grosses affaires, après avoir rappelé son parcours «au service du pays».
L’après-midi, ce sont Saïd Bouteflika et Louisa Hanoune qui ont été entendus pour donner leurs versions des faits par rapport aux accusations portées contre eux. Ont également été entendus de nouveaux témoins, à savoir des ex-fonctionnaires de la présidence de la République, à l’instar de Hebba El-Okbi, ex-secrétaire général de la présidence, de Mohamed Ali Boughazi, qui occupait le poste de conseiller de l’ex-président, et également l’ancien président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz. Mme Hanoune a apporté les mêmes réponses que lors du premier procès, affirmant, selon Me Ksentini, que les réunions qu’elle a eues avec Saïd Bouteflika et Mohamed Mediène «entrent dans le cadre des consultations politiques» qu’elle effectue «en sa qualité de cheffe d’un parti politique». «L’affaire du faux décret mettant fin aux fonctions de l’ex-ministre de la Défense nationale de l’époque» a également fait son retour dans ce procès, a indiqué Me Ksentini. A ce sujet, «Mohamed Ali Boughazi a réitéré les premières déclarations qu’il avait faites publiquement à la télévision», a-t-il dit. «M. Boughazi a confirmé, encore une fois, qu’il n’avait pas signé le décret en question», a encore affirmé l’avocat.
Pour sa part, l’ancien président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, a déclaré au juge, toujours selon Me Ksentini, que «Saïd Bouteflika l’a certes appelé pour l’entretenir de l’article 102, mais il a également insisté que le frère de l’ex-président n’a surtout fait aucune injonction sur l’application ou non de cet article. C’était juste une conversation amicale, où il y a eu seulement un échange de points de vue sur la question». Tayeb Belaïz a affirmé qu’«il n’y a eu aucune suite à cet appel qui, finalement, était tout à fait anodin».
Il y a lieu de noter qu’un rassemblement de soutien à la Louisa Hanoune a été organisé à proximité de l’enceinte du tribunal militaire. Etaient présents à cette action de solidarité, outre des membres du PT, dont les anciens députés et cadres de la direction du parti Ramdane Youcef Taâzibt et Djelloul Djoudi, des chefs de partis politiques comme Fethi Gherras (coordinateur national du MDS) et Mahmoud Rachedi (porte-parole du PST), ainsi que d’autres personnes du monde politique soutenant la cause de Louisa Hanoune. Ces derniers jours, une pétition pour sa libération a été mise en circulation et signée par de nombreuses personnalités et autres sympathisants.