Affaire liée à la corruption, à l’octroi d’indus privilèges et aux liens d’intérêt entre le pouvoir politique et les investisseurs du secteur de la santé et du médicament, le jugement en appel du dossier «GB Pharma» devrait être lancé aujourd’hui au niveau de la Cour d’Alger. Le procès initialement programmé le 17 janvier dernier avait été reporté de 15 jours à la demande des avocats de la défense. Les deux principaux prévenus, les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, étaient pour rappel cités dans une autre «affaire» de corruption liée au secteur du montage automobile. Jugée en première instance par le Tribunal de Sidi M’hamed au cours du mois de novembre dernier, la justice avait conclu à des peines de cinq ans de prison ferme contre les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Les anciens responsables sont en effet accusés «d’octroi de privilèges injustifiés» au Groupe Condor et à ses filiales. Ces «facilitations» auraient notamment concerné le projet de réalisation d’une usine de fabrication de médicaments «GB Pharma» dans la nouvelle ville de Sidi Abdallah, gérée à l’époque par l’ancien ministre de la Poste et des Technologies, Moussa Benhamadi. Ce dernier est, pour rappel, décédé en juillet dernier à la prison d’El Harrach des suites de la Covid-19. Dossier d’accusation qui évoque par ailleurs des «facilitations» qu’auraient accordées les ex-Premiers ministres au Groupe Condor pour la réalisation d’un centre pour brûlés à Skikda par la société Travocovia ou encore lors de l’acquisition par l’opérateur Mobilis de téléphones portables et de tablettes auprès du groupe Condor. L’Affaire «GB Pharma» implique également un volet plus politique, les frères Benhamadi sont, en effet, poursuivis pour participation au financement de la campagne électorale du candidat à la Présidentielle d’avril 2019. Les accusés auraient utilisé un compte bancaire ouvert spécialement pour recueillir les apports financiers de parties sans aucun lien avec l’élection. Quant à la défense des accusés, il est à rappeler que les deux anciens Premiers ministres avaient rejeté en bloc l’ensemble des charges retenues lors de leurs auditions en première instance. Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal avaient rejeté une partie des accusations sur l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, et la direction de l’Agence nationale pour le développement de l’investissement (Andi) en ce qui concerne la question des facilitations : «Ces questions concernent directement les collectivités locales, à leur tête la wilaya, et non pas la Chefferie du gouvernement», avait notamment lancé Ahmed Ouyahia auditionné depuis la prison d’Abadla (Béchar). n