Le verdict du procès des frères Kouninef, poursuivis aux côtés de plusieurs co-accusés dans des affaires de «corruption» de «trafic d’influence», de «blanchiment d’argent», «d’obtention d’indus avantages», de «détournement de fonciers et de concessions» et de «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics», sera prononcé le mercredi 23 septembre prochain. L’annonce a été faite hier par la présidente de la séance à l’issue des plaidoiries de la défense.

Plus tôt durant l’audience de samedi, le Parquet général avait, pour rappel, requis des peines très lourdes à l’encontre des principaux prévenus. Dix-huit ans de prison ferme à l’encontre de Réda Kouninef, 15 ans à l’encontre de Tarek-Noah et Abdelkader-Karim Kouninef, ainsi que 10 ans ferme à l’encontre du gérant de leur groupe «KouGC», Keddour Ben Tahar. Des peines d’emprisonnement assorties d’une amende de 8 millions de dinars pour chacun des quatre accusés. Souad-Nour Kouninef également poursuivie dans l’affaire, mais «en fuite», risque quant à elle une peine de 20 ans de prison ferme, une amende de 8 millions de dinars avec le lancement d’un mandat d’arrêt international. Ses trois frères avaient pour leur part été placés sous mandat de dépôt en avril 2019.
Affaire complexe, et dont le jugement par le Tribunal de Sidi M’Hamad est un véritable «évènement» tant les montants des préjudices causés au Trésor public sont démesurés. L’enquête, les auditions et les déclarations de la partie civile ont ainsi révélé que le groupe KouGC et ses nombreuses filiales ont causé au Trésor public des pertes estimées à «plus de 260 milliards de dinars algériens, dont 186 milliards de DA dus à des crédits injustifiés octroyés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de DA en indus privilèges obtenus par le même groupe». D’autres témoignages ont également montré que le groupe économique KouGC bénéficiait de «privilèges» dans l’obtention des marchés publics, de concessions, mais surtout de prêts bancaires, au moment où plusieurs de leurs filiales n’avaient «pas d’activité économique réelle». Des accusations que les prévenus ont toutefois rejetées en plaidant leur «innocence», et en demandant à être «jugés dans le respect de la loi», affirmant leur «confiance» en la justice algérienne. D’autres responsables et représentants juridiques de plusieurs filiales du groupe KouGC avaient quant à eux affirmés, lors de l’audience de jeudi, qu’ils «ignoraient» les conditions dans lesquelles les marchés du groupe avaient été obtenus et qu’ils n’étaient «pas au courant de l’existence et du montant des prêts octroyés à certaines filiales du groupe», notamment par le Fonds national de l’investissement et la Banque de l’agriculture et du développement rural. Quant aux autres prévenus dans cette affaire, notamment d’ex-cadres des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Energie ou encore des Télécommunications, auprès desquels le groupe KouGC aurait obtenu les marchés qui lui sont reprochés, ils risquent selon le réquisitoire du Parquet général des peines de prison allant de 3 à 6 ans, ainsi que des amendes pouvant aller jusqu’à un million de dinars. Les anciens directeurs des ports de Jijel et Alger, Bouab Abdesselam et Kerrah Abdelaziz, également cités dans l’affaire, risquent pour leur part 3 ans de prison ferme.