Le parquet général du Tribunal de Sidi M’hamed à Alger a requis samedi des peines allant de 10 à 20 ans de prison ferme avec la saisie des biens à l’intérieur et l’extérieur du pays à l’encontre des trois frères Kouninef et le gérant du groupe KouGC dont ils sont propriétaires. Les frères Réda, Abdelkader-Karim et Tarek-Noah Kouninef, ainsi que le gérant du groupe KouGC, Keddour Ben Tahar, placés depuis avril 2019 sous mandat de dépôt, sont poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation dont « trafic d’influence », « blanchiment d’argent », « obtention d’indus avantages », « détournement de fonciers et de concessions », et « non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics ». Leur sœur Souad-Nour (en fuite à l’étranger) est aussi impliquée dans l’affaire. Le parquet général a requis 18 ans de prison ferme à l’encontre de Réda, 15 ans à l’encontre de Tarek-Noah et Abdelkader-Karim et 10 ans à l’encontre de Keddour Ben Tahar, avec une amende de 8 millions de DA pour les quatre accusés. La peine la plus lourde a été requise contre Souad-Nour avec 20 ans de prison ferme, une amende de 8 millions de DA et le lancement d’un mandat d’arrêt international contre elle. Des peines allant de 3 à 6 ans de prison ferme avec des amendes d’un million de DA ont été requises à l’encontre de dix personnes également impliquées dans l’affaire, essentiellement des cadres des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Energie et des Télécommunications ainsi que d’autres secteurs où le groupe KouGC a obtenu des marchés. Selon la défense de la partie civile, le groupe KouGC, à travers ses filiales, a causé au Trésor public des pertes estimées à « plus de 260 milliards DA, dont 186 milliards de DA dus aux crédits injustifiés octroyés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de DA aux indus privilèges obtenus par le même groupe ». Le procès des frères Kouninef a repris, rappelle-t-on, samedi au Tribunal de Sidi M’hamed par l’audition des personnes morales. Les personnes morales interrogées, qui sont des représentants juridiques de plusieurs filiales du groupe KouGC, ont dit « ignorer » les conditions dans lesquelles les marchés du groupe ont été obtenus. Elles ont affirmé aussi qu' »elles n’étaient pas au courant de l’existence et du montant des prêts octroyés à certaines filiales du groupe par le Fonds national de l’investissement et la Banque de l’agriculture et du Développement rural », tout comme des autres avantages obtenus dans le domaine de l’immobilier. Le procès des Kouninef, ouvert mercredi dernier, a débuté par l’audition des principaux accusés, à savoir les frères Réda, Abdelkader-Karim et Tarek-Noah Kouninef et le gérant du groupe KouGC, Keddour Ben Tahar. La journée du jeudi a été consacrée à l’audition, entre autres, des responsables centraux et régionaux, et autres gérants des filiales du groupe KouGC, chargées de la réalisation de plusieurs projets relevant du domaine industriel. Ils étaient auditionnés principalement sur les « changements radicaux » constatés au niveau des clauses des marchés conclus et des contrats signés, dont la modification des coûts et des délais de réalisation des projets, comme ceux prévus dans les espaces industriels appartenant au groupe à Ain Oussara et Ksar El Boukhari.