Par Nadir Kadi
Le procès, mettant en accusation l’ancien ministre de la Justice Tayeb Louh aux côtés de l’homme d’affaires Tarek-Noah Kouninef, a de nouveau été reporté, hier, par les juges du Pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed. En cause, l’absence, pour raison de santé du collectif de défense de l’ancien responsable politique, les avocats étant contaminés à la Covid-19. Le procès, dont la nouvelle date a été fixée, hier, au 28 février, avait déjà enregistré plusieurs reports, notamment lors de la grève des avocats au mois de janvier.
Nouvelle «affaire» mettant en cause une figure centrale de la présidence Bouteflika, Tayeb Louh, en poste à la tête du secteur de la Justice entre septembre 2013 et avril 2019, aurait, selon l’accusation, entretenu au cours de son mandat des liens d’intérêt avec l’investisseur et homme d’affaires, héritier du groupe KouGC. L’ancien ministre de la Justice est poursuivi pour plusieurs chefs d’inculpation, dont «abus de fonction», «trafic d’influence» et «entrave au bon fonctionnement de la Justice». Questions qui devront ainsi être abordées dès le 28 février face aux juges de la même juridiction, Tayeb Louh reste toutefois sur le coup d’une précédente condamnation à 6 ans de prison ferme en plus d’une amende de 200 000 dinars. Ce dernier verdict, annoncé le 12 octobre dernier par Le tribunal criminel de Dar El Beïda, avait fait suite au premier procès de l’ancien ministre.
En effet, cette précédente affaire, citant également l’homme d’affaire Ali Haddad ou encore l’ancien conseiller à la présidence Saïd Bouteflika, avait été ouverte par la justice à la suite de la «découverte» de SMS échangés entre Tayeb Louh, Saïd Bouteflika et Ali Haddad. Le contenu de ces messages avait rapidement été considéré comme des «instructions» en vue d’intervenir dans des affaires de justice. Pour rappel, Tayeb Louh avait été remplacé en avril 2019, dans le sillage de la manifestation populaire contre le cinquième mandat. Il sera convoqué en août de la même année par la Cour suprême et avant que la justice lance contre lui des poursuites pour «abus de fonction, entrave au bon fonctionnement de la justice, incitation à la falsification de procès-verbaux officiels, incitation à la partialité».