Le procès de l’ancien Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), Abdelghani Hamel, de son épouse et de ses fils a repris, hier pour le troisième jour au Tribunal de Sidi M’hamed (Alger). Le tribunal a auditionné, à cette occasion, d’anciens responsables d’institutions publiques accusés d’avoir signé pour des acquisitions immobilières en faveur de la famille Hamel.

C’est ainsi que l’ancien wali d’Oran, Abelghani Zaâlane, a eu à s’expliquer par rapport à certaines accusations le ciblant dans l’affaire en question. Parmi ces accusations figure l’octroi dans des conditions obscures à Chafik Hamel d’une assiette de terrain de 60 000 m2 pour un projet de création d’usine. «Vous êtes accusé d’avoir dilapidé des deniers publics en octroyant des avantages indus en violation de la législation à Chafik Hamel», a lancé la juge, avant de d’entendre la réponse de Zaâlane : «Nous avons accordé à Chafik Hamel l’assiette de terrain après une étude en bonne et due forme lors d’une réunion de la commission d’investissement qui a eu aussi à étudier d’autres dossiers.» Aussi et à la question de savoir comment se fait-il que Amyar, l’autre fils, a bénéficié également de deux assiettes de terrain à son tour, Zaâlane a eu cette réponse qui a provoqué le rire de la salle : «Je ne savais pas que Amyar était le fils de Abdelghani Hamel.» Dans sa défense, Zaâlane a aussi expliqué qu’«il n’existe aucun texte de loi qui empêche que deux frères bénéficient de deux assiettes de terrain dans la même wilaya». De même que l’ancien wali d’Oran a démenti l’existence d’une quelconque relation autre que professionnelle entre lui et l’ancien DGSN. L’autre responsable interrogé, hier, est l’ancien ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, en sa qualité d’ancien wali d’Oran. Accusé d’avoir offert des avantages indus à la famille Hamel et d’avoir utilisé ses fonctions de responsables pour favoriser l’ancien DGSN, Boudiaf a plaidé l’innocence : «Je ne leur ai offert aucun avantage et quand j’étais wali d’Oran, je peux vous dire qu’ils avaient déposé leurs dossiers comme n’importe quel autre citoyen». Dans le même ordre d’idées, il a affirmé n’avoir jamais rencontré la famille Hamel du temps où il était wali d’Oran et que sa relation avec l’ancien DGSN «est purement professionnelle». De son côté, l’ex-DG des Domaines de Tipasa, Ali Bouamrane, a été interrogé par la juge à laquelle il a révélé avoir subi «des pressions et des interventions» lors de l’exercice de ses fonctions par «des hommes du pouvoir et des responsables sécuritaires de la wilaya». «J’ai déposé 10 plaintes contre des hommes d’affaires et l’ancien responsable de sécurité de la wilaya de Tipasa, Salim Djadjaa, pour les pressions qu’on me faisait subir et les interférences dans le cadre de mes fonctions pour l’octroi d’avantages en faveur de la famille Hamel», a-t-il lancé. Avant de poursuivre : «J’ai déposé plainte en refusant de signer des décisions en faveur d’acquisitions pour le bénéfice des enfants de Hamel, signées auparavant par le wali». Dans le même ordre d’idées, il a révélé avoir annulé 59 décisions signées par le wali. Dans le même temps, il a révélé avoir déposé plainte contre le wali, le directeur de l’industrie, le directeur du tourisme de la wilaya. Pour rappel, la première audience du procès s’est déroulée mercredi dernier au cours de laquelle, le tribunal de Sidi M’hamed a eu à auditionner l’ancien DGSN qui a rejeté toutes les accusations en lien avec les affaires de corruption dans lesquelles il est poursuivi. Il en est ainsi des accusations de «blanchiment d’argent, d’enrichissement illicite, de trafic d’influence et d’obtention d’assiettes foncières par des moyens illégaux». En somme Abdelghani Hamel a nié toutes ces accusations en bloc en plaidant «l’honnêteté» mais également son parcours de responsable ayant «lutté contre la corruption à Afripol». Au second jour du procès, soit jeudi, le Tribunal de Sidi M’Hamed a auditionné l’épouse de l’ancien DGSN, Annani Salima. Cette dernière a eu la même attitude que son époux, qui a rejeté les accusations «dans le fond et dans la forme» portées contre elle, avec la précision qu’elle a reconnu avoir bénéficié de neuf locaux dans la commune de Ouled Fayet à Alger. «Je voulais réaliser un projet humanitaire, une crèche», a-t-elle plaidé. Le tribunal a aussi auditionné les fils de l’ancien DGSN, Amyar, Mourad et Chafik et sa fille Chahinaz. Lors de l’audition des enfants d’Abdelghani Hamel, il en ressort le déni de l’ensemble des accusations portées contre eux en dépit de l’incohérence de leurs explications quant à la manière dont ils ont bénéficié de leurs multiples acquisitions immobilières. Dans le même temps, le tribunal a eu à interroger l’ex-directeur général de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), Mohamed Rehaimia, et l’ex-directeur de la Régie foncière de la ville d’Alger, Maâchi Fayçal. L’ancien directeur de l’Industrie par intérim de la wilaya d’Oran, Khaldoun Abderrahim, et l’ancien directeur des Domaines de la wilaya d’Oran, Maâlam Samir, ont été interrogés le même jour. Aussi, parmi les témoins convoqués dans cette affaire, figurent l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal, l’ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi, l’ancien ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaâlane, ainsi que Abdelmalek Boudiaf en sa qualité d’ancien wali d’Oran. n