Les députés continuent de subir les foudres de la justice. Ce jeudi, ce sont deux parlementaires du Front de libération national(FLN) qui l’ont vérifié à leurs dépens. En effet, le ministre de la Justice a adressé un courrier au président de l’Assemblée populaire nationale (APN) pour lui demander d’engager la procédure de levée de l’immunité parlementaire à l’encontre de deux députés de la wilaya d’Oran, en l’occurrence Kadouri Habib et Mir Mohamed pour « présomption de corruption ». Dès sa réception de la demande, Slimane Chenine, président de l’Assemblée nationale, a convoqué une réunion du bureau de l’Assemblée pour examiner la demande du ministère. Après examen de la requête, les membres du bureau de l’Assemblée ont décidé de la transmettre à la commission des Affaires juridiques pour entamer la procédure de levée de l’immunité parlementaire. Dans cette optique, les deux députés ont le choix entre le renoncement volontaire à leur immunité ou alors remettre la question entre les mains de leur pairs, lors d’une séance plénière de l’APN. Cette nouvelle demande de levée de l’immunité a atterri sur le bureau de l’Institution, alors que le cas du député FLN Abdelkader Ouali n’a pas encore été réglé. Cité dans des affaires de corruption liées à l’homme d’affaires Ali Haddad, la justice avait enclenché une procédure similaire à son encontre. Mais Abdelkader Ouali a décidé de faire de la résistance en refusant de renoncer volontairement à son immunité. En attente de la programmation d’une plénière de l’Assemblée nationale pour trancher son cas, le député, nous explique-t-on de bonnes sources, peaufine son argumentaire pour être percutant auprès de ses pairs. Mais en attendant que le bureau de l’Assemblée nationale programme une plénière, la procédure de jeudi concernant les deux députés FLN d’Oran a jeté un véritable effroi parmi les députés. « Tout le monde a peur de la levée de l’immunité parlementaire même ceux qui n’ont rien à se reprocher, c’est une véritable psychose qui s’est emparée des députés qui ont peur pour leur liberté », nous explique-t-on. Il faut dire que depuis l’engagement de la levée de l’immunité contre Baha Eddine Tliba, député FLN de Annaba qui a dans un premier temps fuit la justice avant de s’y rendre, avait beaucoup marqué les parlementaires. Ayant refusé de renoncer à son immunité devant la commission juridique, Tliba avait insisté auprès de ses pairs surtout ceux du FLN et du RND pour garder son immunité. L’insistance de Tliba qui a frisé la supplication avait troublé beaucoup de députés qui ont été grandement touchés et surpris par la condescendance du milliardaire d’Annaba, jadis intouchable, mais démuni face à la justice. Aussi et face aux autres levées de l’immunité qui ont suivi et concerné des députés du FLN et du RND, beaucoup attendaient leur tour. Cependant, la pression sur les députés est retombée d’un coup, le jour où le ministre de la Justice avait démenti une information publiée par certains médias citant la levée imminente de l’immunité pour une vingtaine de députés. Mais, jeudi, l’enclenchement de la procédure à l’encontre des deux élus d’Oran a ravivé les craintes de beaucoup de députés.<