L’effet Aid s’est traduit, entre autres, par une tension au niveau des centres de paiement d’Algérie Poste qui aura duré plusieurs jours précédant les fêtes religieuses. A la source directe de cette tension, il y a assurément l’effet de la hausse fulgurante de la demande. Mais pas seulement, à en croire, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad qui, selon lui, certains comportements constatés au niveau des bureaux de poste relèvent d’un acte prémédité. Les deux constats devraient être confirmés par les résultats d’une enquête déligentée aux fins de tirer les choses au clair quant aux tenants et aboutissants de ces comportements qui ne seraient pas dus au hasard. En attendant les résultats de cette enquête, le Premier ministre a affirmé qu’il a été procédé, durant un (1) seul mois, «au retrait de 4.000 milliards de centimes des bureaux de poste», qualifiant ce chiffre «d’énorme». Cela accrédite l’idée selon laquelle la hausse de la demande pourrait être à l’origine du problème de liquidités survenu durant les derniers jours précédant la fête de l’Aid. Mais cette hausse de la demande est loin d’être anodine, à en croire le Premier ministre qui s’est dit étonné que certains citoyens «retirent de l’argent quotidiennement et pendant plusieurs jours». Après examen, a-t-il poursuivi, «il s’est avéré qu’il s’agit d’un complot afin de créer des problèmes durant les jours précédant l’Aïd el Adha». Le niveau des retraits opérés pendant un laps de temps d’un mois est loin d’être anodin, puisque la moyenne habituellement recensée durant les jours précédant les grandes fêtes a été largement dépassée. Pour faire face à cette demande, Algérie Poste et la banque centrale ont mis en place un dispositif permettant à Algérie Poste de mobiliser les liquidités. Selon le directeur général d’Algérie Poste, s’exprimant récemment sur les ondes de la chaîne III de la radio algérienne, ce dispositif a permis à Algérie Poste la mobilisation pour le mois de juin seulement un montant de 285 milliards de dinars au niveau des retraits des succursales de la Banque d’Algérie. 91 milliards de dinars ont été également mobilisés sous forme d’encaissements et de virements au niveau des bureaux de poste. Le directeur général d’Algérie Poste a fait savoir à la même occasion que depuis le début de l’année en cours, «Algérie Poste a retiré 1.742 milliards de dinars auprès de la Banque d’Algérie et a pu mobiliser jusqu’au 20 juillet dernier plus de 693 milliards de dinars d’encaissement au niveau des bureaux de poste». Pour ainsi dire, la banque centrale a sorti les grands moyens pour faire face aux difficultés auxquelles étaient confrontée Algérie Poste. L’autorité monétaire a dépensé sans compter ces dernières semaines, alimentant l’ensemble des institutions financières en liquidités, et devra continuer à le faire en application des mesures d’aide aux entreprises et aux secteurs affectés par la pandémie de coronavirus. Pour libérer la liquidité bancaire aux fins de soutenir les crédits aux entreprises, la banque centrale avait abaissé le taux des réserves obligatoires des banques ainsi que son taux directeur. Depuis l’accélération des niveaux de contamination à la covid-19 et la mise en place des premières mesures de lutte contre la pandémie, la Banque centrale intervenait sans cesse afin d’éviter que les entreprises et les banques ne soient prises à la gorge. Ainsi, la Banque centrale a abaissé le taux des réserves obligatoires est ramené de 8% à 6%. L’autorité monétaire avait annoncé également la baisse de son taux directeur ramené de 3,25% à 3%.