Les opérateurs en pharmacie, qui ne cessent depuis des années d’interpeller les pouvoirs publics pour obtenir des réponses urgentes sur la question des prix fixés de leurs produits, ont été rassurés que des mesures cohérentes vont être prises en leur faveur prochainement. C’est le ministre délégué en charge de l’industrie pharmaceutique, le Dr Lotfi Benbahmed, qui l’a annoncé lors de son discours inaugural des 3es Journées de l’industrie pharmaceutique algérienne (JIPA), qui se tiennent depuis hier au Centre international de conférences Abdelatif-Rahal à Alger.
Ce dernier a reconnu que le plafonnement de la marge bénéficiaire à 20% imposé aux opérateurs «est un système contre-productif». Jugeant même que «la règle en vigueur est des plus coercitive au lieu d’être incitative pour les opérateurs visant les marchés extérieurs». Avant de clore ce chapitre, le ministre délégué a de plus avancé que «dans un premier temps, la politique de fixation des prix et des marges dans le secteur allait faire l’objet d’une évaluation pour avoir une prise en compte réel de l’impact des prix sur le secteur». Cette évaluation va se faire, selon le ministre délégué, grâce au concours de toutes parties prenantes «sans exception», a-t-il précisé. Il y a lieu de savoir que le représentant du gouvernement en place répondait beaucoup plus à l’allocution d’ouverture du président de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop) le Dr Abdelouahed Kerrar. En effet, ce dernier soutenait que «les prix de nos produits sont un aspect essentiel dans notre activité», non sans rappeler dans ce sens « nos prix étant, à la différence de ceux des autres secteurs fixés directement par la puissance publique pour une durée réglementaire de cinq années. Or, depuis plusieurs années, nous plaidons pour une révision des prix qui nous est des plus indispensables, compte tenu de l’inflation qui grève de plus en plus nos coûts à la production». Le président de l’Unop a par ailleurs lâché : «Non seulement nos doléances ne sont pas entendues, les procédures de concertation convenues contournées, l’administration ne s’est pas empêchée d’imposer des baisses des prix unilatérales, allant dans certains cas jusqu’à diviser par deux des prix en vigueur depuis cinq ou dix années.» Et de lancer : «Devant cet état des lieux, l’Unop a cru utile d’inscrire la politique des prix au cœur des troisièmes JIPA.» Pour Kerrar, «c’est d’autant plus tout à fait indiqué car, face aux pressions unilatérales auxquelles recourt actuellement le comité économique, il devient plus que jamais indispensable de débattre publiquement et dans un langage franc la question des prix et des marges qui conditionnent l’avenir de toute notre filière». Et de signaler enfin que «la procédure de fixation des prix à la production a été décidée et appliquée sans aucune concertation alors même que les espaces de rencontres régulières existent».
Soulignons qu’au programme du JIPA 2020 des conférences sont organisées et animées par des experts et des économistes de pays voisins car ayant eu à faire à des problèmes similaires à notre pays.
Il est enfin utile de savoir que la production pharmaceutique nationale a marqué le pas en 2018 et, pis encore, en 2019. Ce qui a causé des difficultés financières sérieuses aux opérateurs après avoir connu un essor. «Mais au sein de l’Unop nous restons optimistes», nous ont déclaré quelques opérateurs que nous avons pu joindre lors de la première journée de ce rendez-vous. Nous reviendrons dans notre édition de samedi prochain sur certains débats qui ont suivi les conférences.