Le chef de l’Etat a reconnu la contribution de la presse à toutes les étapes de l’évolution du pays depuis le déclenchement de la Révolution de 1954 à ce jour.

La presse a été honorée jeudi dernier à l’occasion de la Journée nationale de la presse. En effet, le Centre international de conférences à Alger a abrité la cérémonie de remise du prix du Président de la République du journaliste professionnel.
Cette sixième édition placée sous le thème « La numérisation, une passerelle pour l’édification d’une Algérie nouvelle» a été rehaussée par la présence du Premier ministre Abdelaziz Djerad, des membres du gouvernement, du Président du Conseil constitutionnel Kamel Fenniche et du Médiateur de la République Karim Younès ainsi que du Président du Cnes Redha Tir. Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement Ammar Belhimeur a d’emblée, dans son intervention au cours de cette cérémonie, exprimé sa haute considération pour le Président de la République pour l’intérêt particulier qu’il accorde à la presse. L’une des manifestations de cette considération est le fait, ajoute-t-il, que cette cérémonie soit placée sous le haut patronage du chef de l’Etat. Il a par la suite résumé le message du chef de l’Etat adressé à la corporation et aux citoyens à l’occasion de cette journée. Le ministre a relevé que ce texte s’articule autour de cinq axes. Le Président de la République reconnaît d’abord la contribution de la presse et sa participation à toutes les étapes de l’évolution du pays « depuis le déclenchement de la Révolution à ce jour». C’est aussi une halte pour nous remémorer avec déférence et reconnaissance le combat des journalistes qui contribuèrent avec un haut sens de patriotisme et un professionnalisme hors pair à la lutte contre les forces d’occupation…», a rappelé le Président de la République. Le chef de l’Etat a souligné, en outre, la nécessité d’adapter la numérisation à l’évolution technologique actuelle. « Nous sommes convaincus que la numérisation n’est pas qu’un simple choix mais une exigence de notre ère que nous devons relever de manière à préserver l’unité et la souveraineté du pays et développer la performance de l’administration algérienne au service de l’économie et de la population», a ajouté le chef de l’Etat. Il convient de surcroît d’élaborer des cadres juridiques et mécanismes nécessaires pour se mettre au diapason de la révolution technologique, la quatrième révolution industrielle. Il s’agit également de moraliser la profession et d’encourager les compétences médiatiques, d’ancrer enfin l’esprit patriotique et le sens civique dans l’exercice du métier de journaliste. Abordant le projet de Constitution, le ministre a ajouté que le texte dans son article 54 garantit la liberté de la presse écrite, audiovisuelle et électronique. L’article inclut la garantie de la liberté d’expression et de création des journalistes et le droit des journalistes à accéder aux sources d’information. Le texte, a-t-il relevé, comporte une disposition nouvelle qui prohibe la diffusion ou la publication de discours haineux ou discriminatoires.

Hommage à Lamine Bechichi, Kheiredinne Ameyar et Abdou B.
Il convient par ailleurs de signaler que c’est dans une ambiance festive que s’est déroulée cette cérémonie avec des chants patriotiques et tamazight (chaoui) entonnés par une chorale qui donnaient à cet évènement une portée particulière.
A relever que sur 200 candidats, 12 journalistes ont été récompensés. Dans la catégorie presse écrite, le premier prix a été raflé par Leïla Zerguit du quotidien El Djoumhouria pour son reportage « Numérisation, pierre angulaire de l’Algérie de demain». Fahima Benakrouf du quotidien Saout El Ahrar a décroché, elle, le second trophée et Hadj Tahar Ali d’El Hayat El Arabia, le troisième. Concernant les médias radiophoniques, deux journalistes de la Radio Chaîne I ont remporté le premier prix, à savoir Abdenacer Kasseh Laouar pour l’émission « Le Coronavirus impose la distance et favorise la communication numérique» et Ahmed Harane pour « Numérisation de l’administration-dé-bureaucratisation». Les deuxième et troisième places ont été attribuées respectivement à Rahima Aït Hamiche de Radio Tizi Ouzou et Salah Eddine Boughedka de la radio Sétif. Dans la catégorie médias télévisés, le jury a décidé de ne pas remettre le premier et le troisième prix. Il a décerné le second trophée à Amel Merir de l’ENTV pour son émission « La culture à l’ère du Coronavirus». Dans la catégorie médias électroniques, Houssem Eddine Fodil et deux de ses collègues de Chourouk on line se sont vus attribuer le premier prix pour leur émission « Numérisation du secteur de la santé : prémices d’une Algérie nouvelle». Tandis que le second prix a été décerné à Chemseddine Houari de l’APS et Ahmed Lalaoui d’El Watan Press. Le jury a enfin attribué le prix spécial à Nesrine Rabehi de la Radio du Saint Coran pour son émission « Numérisation passerelle vers une Algérie nouvelle». Afin que nul n’oublie, des hommages ont été rendus, par ailleurs, au cours de cette cérémonie, notamment à Lamine Bechichi, ancien ministre de la Communication décédé récemment et qui a contribué entre autres à la réalisation du feuilleton télévisé l’Incendie, qui a marqué toute une génération d’Algériens, à Kheireddine Ameyar, l’ancien Directeur de l’hebdomadaire Algérie Actualité et fondateur et Directeur du quotidien la Tribune, ainsi qu’à Abdou B., l’ancien Directeur général de l’ENTV, auteur de contributions dans la presse et cheville ouvrière dans les sessions du Cnes. Il était conseiller de cette institution avant son décès. On peut, en définitive, regretter que tous les trophées aient été remportés quasiment par la presse publique. A noter que cette cérémonie a été organisée à la veille de la tenue du référendum sur la Constitution, que la presse toutes catégories confondues compte comme à l’accoutumée accompagner. Elle s’est déroulée dans un contexte où l’Algérie est en plein chantier institutionnel et de lancement de transformations en phase avec cette Algérie nouvelle et de fortes attentes de changements émises par la population. Le secteur de la communication n’est pas en reste. Tout comme le gouvernement, la presse devra, outre surmonter ses difficultés financières, préserver sa crédibilité, écornée en partie, auprès de ses lecteurs et de la population à travers une plus grande professionnalisation, une plus grande spécialisation, le respect des règles déontologiques, notamment par la presse électronique et la fin ou la réduction des dérives médiatiques via une autorité indépendante de régulation. Il s’agit également de renforcer le droit à l’information. L’Etat devra, lui, également garantir davantage et concrètement la liberté d’expression de la presse et la protection du journaliste contre toute forme de violence, pression et intimidation. <