Fidèle à son discours optimiste, le ministre de l’Energie Mohamed Arkab a encore affirmé, hier, que les prix du pétrole vont rebondir dès l’entrée en vigueur de l’accord de réduction conclu entre l’Opep et ses partenaires le 9 avril. Une entrée en vigueur
qui aura lieu le 1er mai, faut-il le rappeler.
«L’ensemble des experts que nous avons consultés, dont ceux de l’Opep, prévoient que les prix du pétrole connaissent une tendance haussière à partir de l’application de l’accord de réduction de production des pays Opep et non Opep prévu pour le 1er mai prochain», a expliqué M. Arkab sur les ondes de la Radio nationale.
L’optimise du ministre repose, en outre, sur une reprise économique graduelle qui sera encouragée par le dé-confinement suite à la crise sanitaire du coronavirus. «Nous sommes optimistes pour une évolution positive de la demande au regard des rapports d’experts qui prévoient une augmentation progressive au deuxième semestre de 2020 et ce, grâce à la levée progressive des mesures de confinement en Asie, notamment en chine, et nous allons vers une reprise graduelle de l’économie mondiale à partir du deuxième semestre de l’année en cours», a-t-il soutenu en ce sens. Ajoutant que la demande de l’or noir connaîtra une amélioration graduelle notamment à la faveur de la reprise des activités des entreprises économiques, en particulier, les compagnies de transport aérien, dont certaines ont déjà annoncé la reprise de leur activité.
«Avec cette reprise, on peut espérer que les cours de pétrole reviendront à la normale», a-t-il ajouté, citant l’étude de l’AIE qui prévoit, à partirdu deuxième trimestre, un prix de baril entre 30 et 35 dollars, et un baril à 40 dollars à partir du troisième trimestre.
Le ministre de l’Energie ne manquera pas de saluer une nouvelle fois l’accord de réduction auquel sont parvenus les pays de l’alliance, portant une réduction massive qui commencera dès le 1er mai avec 9,7 millions de barils par jour jusqu’à fin juin, avant de passer à 7,7 mbj pour le second semestre 2020, puis passera à 5,8 mbj de janvier 2021 à avril 2022.
Ces réductions, auxquelles s’ajouteront celles décidées par d’autres pays hors alliance, «favoriseront l’absorption de l’excédent de l’offre de pétrole», a estimé Arkab, avant de rappeler que «tous les pays signataires de la déclaration de coopération se sont engagés à appliquer l’accord de réduction de production, en plus d’autres pays producteurs de pétrole non signataires, vont se joindre à cet accord à travers d’autres réduction de production supplémentaires».

1 340 millions de tonnes de réserves pétrolières
Evoquant les réserves prouvées de l’Algérie en pétrole, le premier responsable du secteur dira qu’elles sont de «1 340 millions de tonnes, soit 10 milliards de barils». Cela signifie que «nous avons encore 27 années de production», a-t-il précisé. Il citera également les réserves de gaz naturel, estimées à «2 368 milliards de mètres cubes, auxquels s’ajoutent 260 millions de tonnes de condensat, soit l’équivalent de 4,1 milliards de tonnes de pétrole (Tep)», détaillera-t-il. Pour le ministre, ces réserves permettent à l’Algérie de développer son industrie pétrochimique, créer la richesse et contribuer à la relance économique.
Estimant que la capacité actuelle de production annuelle était «confortable», il dira, cependant, que l’Algérie est «tenue d’augmenter ses capacités de production afin de réussir le défi de développement de l’industrie pétrochimique et les différents programmes tracés dans le cadre de la stratégie du secteur». Sur ce registre, Sonatrach a «commencé à explorer les différents gisements seule et a, d’autre part, signé des mémorandums d’entente avec les grandes compagnies pétrolières mondiales pour réussir l’exploration d’autres gisements», dira-t-il, citant les mémorandums d’entente signés récemment, dont celui avec la compagnie américaine Exxon Mobil dans le cadre de la nouvelle loi sur les hydrocarbures pour l’exploration en Algérie et d’autres avec lesquelles elle a signé des accords de confidentialité pour aboutir à des mémorandums d’entente.
«Le but de ce partenariat avec les grandes compagnies mondiales est de préserver nos parts de marchés extérieurs et d’augmenter nos capacités de production et relancer notre industrie pétrochimique», a affirmé le même responsable, non sans revenir sur «l’importance» de la nouvelle loi sur les hydrocarbures entrée en vigueur et «appréciée par les différents partenaires de l’Algérie», a-t-il insisté.<