La pression exercée par les pouvoirs publics pour inciter les opérateurs activant dans l’assemblage automobile en Algérie à réviser leurs prix exorbitants et à adopter une grille tarifaire en harmonie avec la donne réelle du marché serait en train de porter ses premiers fruits à se référer aux initiatives prises par ces derniers depuis quelques jours.

Notamment après que le ministère de l’Industrie ait décidé d’aller, au-delà des rappels à l’ordre timides, de rendre publique la fameuse liste des prix de sortie d’usine des véhicules, mettant les concernés dans l’embarras et amplifiant la polémique autour de ce dossier.
La première action de réduction des prix est de l’initiative de Kia Al Djazaïr, filiale commerciale de Global Group. Elle vient de carrément casser les prix des modèles qu’elle commercialise en opérant des baisses de plusieurs centaines de milliers de dinars. Concernant, à titre d’exemple, la Picanto, sortie de l’usine Gloviz, également filiale de Global Group, de Batna, les prix ont subi une coupe de 500 000 DA sur la finition LX Start, faisant baisser cette citadine prisée par les jeunes Algériens des deux sexes à 1 390 000. Une baisse de 400 000DA est également observée sur la Kia Rio LX Start 1.4 dont les nouveaux prix affichés par Kia Al Djazaïr commencent à 1 790 000 DA, bien loin des 2 190 000 DA auxquels était cédé ce modèle. Cette forte révision à la baisse sur les modèles de la marque sud-coréenne fait suite à la décision du Conseil national des investissements (CNI) d’accorder, depuis le 19 mars passé, une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) aux véhicules Kia commercialisés par Kia Al Djazaïr, explique-t-on chez cette entreprise. De son côté, Sovac a annoncé, en début de semaine, l’arrivée d’une finition Start+ de la Golf, assemblée par Sovac Production à Relizane. Ce nouveau modèle offre plus de puissance et d’équipements par rapport à la Start, mais est cédé au même prix que cette dernière finition, à savoir 3 300 000 DA. Une opération marketing chez le représentant du groupe Volkswagen qui, certes, est loin d’égaler celle émanant de Kia Al Djazaïr, mais qui peut néanmoins être, elle aussi, considérée comme un premier pas dans l’application des recommandations des pouvoirs publics à l’égard des concessionnaires automobiles pour une approche plus réaliste en matière de prix.
Avant Sovac, Renault Algérie a lancé, le 1er avril, la nouvelle Clio, assemblée dans l’usine Renault Algérie Production (Oran), pour un prix d’attaque placé en dessous de la barre symbolique des 2 000 000 DA, soit 1 999 000 DA, tout en faisant valoir une panoplie d’équipements à forte valeur ajoutée. GM Trade n’est pas en marge de cette nouvelle orientation du marché vers des prix à la baisse. Ce groupe propose, depuis dimanche dernier, également, un mini-truck Cherry à plusieurs versions, avec une grille tarifaire qui débute à 999 000 DA pour la version mini-cabine de cet utilitaire chinois.
C’est donc un début de mois d’avril chargé en rebondissements sur le registre des prix des véhicules en Algérie, à travers une tendance baissière qui ne semble pas près de s’arrêter en si bon chemin au profit des clients. D’autant que le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, ne lâche pas prise et fait montre d’une véritable volonté de son département à poursuive sa mission pour des prix «justes».
Lors de sa récente visite, avant-hier, dans la wilaya de Bordj Bou Arréridj, il est revenu sur ce dossier en se montrant intransigeant aussi bien sur la nécessité d’une véritable industrie automobile basée sur la sous-traitance locale, mais aussi sur une politique des prix qui «respecte les droits des consommateurs». Droits que se chargent aussi de défendre, depuis quelques jours, des activistes sur les réseaux sociaux en appelant au boycott des véhicules assemblés en Algérie en signe de rejet des prix exagérément élevés.