PAR NAZIM B.
Le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Abdelhafid Henni, s’est exprimé, hier lors de sa visite dans la wilaya d’Aïn Defla, sur plusieurs questions du secteur.
En ce qui concerne les prix de la viande blanche, il a indiqué que le «plafonnement des prix sera appliqué dès que possible». Il s’agit ainsi d’une nouvelle mesure visant à ramener les prix à un niveau abordable pour les consommateurs de bourses faibles dans un contexte d’érosion du pouvoir d’achat.
Au mois de mars dernier, une convention-cadre entre le Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (Cnifa) et l’Office national des aliments du bétail (Onab) a été signée en vue d’assurer la disponibilité des viandes blanches à des prix raisonnables, d’organiser la filière avicole et suivre le circuit de production.
La convention prévoit la création de contrats bilatéraux en vertu desquels les filières régionales relevant de l’Onab assurent l’approvisionnement des éleveurs en poussins d’un jour, dont le prix a été plafonné à 80 DA l’unité hors taxes, en contrepartie, les éleveurs s’engagent à livrer les poules engraissées aux filières relevant de l’Onab, situées à l’Est, au Centre et l’Ouest du pays.
Pour concrétiser cette convention, l’Onab s’engage à réunir toutes les conditions adéquates et le Cnifa à sensibiliser les éleveurs à y adhérer et à présenter la liste des éleveurs membres de l’Office.
Huit mois plus tard, les prix sont toujours fluctuants et pas tout le temps à la portée des consommateurs. Idem pour la viande rouge dont les prix sont «inacceptables», a admis hier le ministre, affirmant que son département prendra «bientôt les dispositions nécessaires pour réorganiser le secteur».
Le 15 octobre et devant le Conseil de la Nation, Aïmene Benabderrahmane a déclaré que «l’assainissement» des intervenants dans le secteur est «nécessaire». «Il n’est plus concevable que les prix de la viande rouge atteignent 2 000 DA alors qu’ils ne devraient pas dépasser 1 200 DA le kilo», a-t-il dit, non sans rappeler que «la filière viande est soutenue par l’Etat.
Pour le Premier ministre, «il est temps d’introduire un nouveau modèle de gestion de cette filière, que ce soit pour les viandes rouges ou blanches». «L’impératif est de revoir la gestion de la production animale en vigueur actuellement», a-t-il déclaré devant les sénateurs.
Dans ce cadre, il a invité les éleveurs à prendre contact avec le ministère de l’Agriculture «afin de concrétiser la nouvelle stratégie» que son gouvernement «compte mettre en place». Une démarche qui doit reposer entre autres «sur la révision du mode de distribution de l’aliment de bétail» notamment l’orge qui fait l’objet de spéculation à l’origine des prix exorbitants.
Concernant les besoins nationaux pour la production de blé dur, le ministre a assuré, hier, qu’ils «sont garantis», ajoutant que la précédente crise de la semoule a été réglée par l’intervention des services du ministère du Commerce. S’agissant des prix actuels élevés des œufs, le ministre Henni a expliqué que c’est dû à la spéculation, notant au passage que ce point représente «une priorité» pour son département.
Autrement dit, du pain sur la planche pour les départements de l’Agriculture et celui du Commerce au vu de la non-maîtrise des circuits de production et de mise en vente… <