La poussée inflationniste enregistrée dans le pays en janvier 2017 est due à l’appétit délictuel qu’ont certains commerçants pour les marges bénéficiaires dépassant tout entendement commercial. C’est l’explication donnée, hier, au Conseil de la Nation (Sénat)

par l’argentier du pays. Hadji Baba Ammi a déclaré que le taux d’inflation de 8 % publié par l’Office national des statistiques n’est pas dû à un défaut de gestion du gouvernement, mais à une désorganisation du système des prix par des commerçants gloutons et qui ne respectent pas la loi. Par cette affirmation, le ministre des Finances conforte l’évaluation faite à ce sujet par la Banque d’Algérie qui avait indiqué, elle aussi, que l’impact négatif du pouvoir d’achat des Algériens sur certains produits, les denrées alimentaires notamment, sont dues à la hausse injustifiée des prix à la consommation.
Le phénomène décrit par M. Hadji Baba Ammi appelle une remarque et deux commentaires au moins. La remarque est que, profitant de la panique d’une montée en flèche des prix à la consommation qui a précédé puis accompagné la publication de la loi de finances 2017, beaucoup de commerçants ont imposé des tarifs de délinquants et de rapaces. Le premier commentaire, lui, se rapporte à la déclaration de M. Baba Ammi selon lequel les pouvoirs publics vont maintenant agir par un contrôle des prix et traquer les opérateurs hors la loi. On veut bien croire ce qu’il dit mais pourquoi avoir attendu maintenant pour faire un travail qui devait être effectué de tout temps pour protéger le consommateur et préserver la paix sociale ?
En attendant une hypothétique réponse, la question renseigne pour l’instant sur l’anarchie et le dysfonctionnement dans lesquels se trouve aujourd’hui l’activité commerciale et les conséquences qu’ils ont sur les tarifs, ceux du gros comme ceux du détail. Elle permet d’avancer l’idée combien est faux l’argument d’après lequel la loi garantit la liberté des prix en Algérie ne permet d’intervenir dans la surveillance et le contrôle des prix. Ce faux argument est à l’origine de dépassements et d’injustices dont est victime le consommateur lambda et il est temps que les contrôleurs des prix, dont on a oublié jusqu’à l’existence dans beaucoup d’activités, sortent de leurs bureaux pour appliquer la loi. Le deuxième commentaire concerne l’Union des commerçants et l’utilité de ses actions destinées à préserver un minimum d’éthique dans l’activité commerciale. En dépit de ses grandes déclarations, il y a lieu de constater que l’UGCAA ne parvient pas à brider l’appétit d’ogre qu’ont beaucoup de ses marchands pour des marges bénéficiaires dépassant tout entendement.