par JACKY NAIDJA AVEC INES ILIANA
Le Prix Alice-Guy 2020, qui sera décerné à la réalisatrice Mounia Meddour pour son film « Papicha », lors de la cérémonie prévue le jeudi 10 septembre à Paris, vient une fois de plus honorer le cinéma algérien. Bien au-delà des autres prix raflés par ce film qui a fait grande sensation, ce prix d’Alice Guy aura un goût tout particulier. D’abord parce qu’il est destiné spécialement à une femme réalisatrice. Il est en effet le seul prix à avoir récompensé la réalisatrice de l’année et son film. Ce prix lancé en 2018 pour la troisième année consécutive est à l’initiative de deux femmes, Véronique le Bris, journaliste, fondatrice du cinéma Woman, Hélène Mazzella, présidente de l’agence Clé, et Alice Pézerat ainsi que de nombreuses bénévoles autour d’elles. Cet évènement met en lumière particulièrement le talent des femmes réalisatrices et leur travail au cinéma, à l’exemple de leur pionnière au cinéma mondial Alice Guy. D’où l’intention première de mettre en avant la représentativité des femmes dans les palmarès du cinéma français Et pour simple constatation, en 43 éditions, une seule femme a reçu la César du meilleur réalisateur. Seuls 4 films de réalisateurs ont reçu celui du meilleur film. Une inégalité que veut absolument défendre ardemment le cinéma Woman à travers ce prix. C’est donc là aussi que se situe également l’ambition forte de toutes ces femmes qui font des films et qui veulent voir leur travail reconnu et récompensé à juste titre comme les hommes dans ce monde du cinéma où la concurrence avec est rude. C’est un peu ce que réclame ce mouvement égalité hommes/femmes 50/50 au cinéma parti du Festival de Cannes en 2019.
Quant à la célébration de ce prix, elle vient marquer l’ouverture des cinémas avec le retour des films dans les salles pour un public attendu, masqué et contraint par des mesures imposées par la pandémie du coronavirus, après de longs mois d’absence, à l’instar de la 77e Mostra de Venise, ouverte officiellement depuis mercredi dernier. Cette cérémonie du Prix Alice-Guy aura lieu au Max-Linder-Panorama à Paris, au cours de laquelle un panorama de films d’Alice Guy sera présenté avant la projection spéciale du film « Papicha » animée par Mounia Meddour sa réalisatrice. Un vrai clin d’œil à la carrière d’Alice Guy pour ses mille films dont le cinéma fiction en particulier. Un prix qui porte désormais son nom et qui vient rendre un vibrant hommage à la réalisatrice, cette oubliée du cinéma mondial pour tout son travail et reconnue depuis comme une pionnière du métier. Jean-Jacques Annaud, cinéaste de talent, compte à ce titre adapter un livre à la carrière d’Alice Guy de 1873 à 1968 dans un podcast en 6 épisodes en référence à son premier film « la Fée aux choux » réalisé en 1896.
C’est donc parmi 78 films en lice pour ce prix, qu’a été choisi « Papicha » dans la dernière présélection de 5 films de 5 réalisatrices, « Atlantique » de Mati Diop, Jean Vanier, « le Sacrement de la tendresse » de Frédérique Bedos, « Papicha » de Mounia Meddour, « Portrait de la jeune fille en feu » de Céline Sciamma. Avec un jury très professionnel autour de Yan Arthus Bertrand, Catherine Corsini, Emmanuel Denizot, Julie Gayet et Jordan Mintzer qui, à la faveur des votes de 2 985 internautes participants (25% de plus qu’en 2019) a fait le choix de Mounia Meddour comme meilleure réalisatrice pour ce prix Alice-Guy de 2020 avec son film « Papicha ». Mounia Meddour et toute son équipe seront donc de la cérémonie le 10 septembre à 20H aux côtés de tous les partenaires de cette manifestation, sans qui cet évènement n’aurait pas lieu pour recevoir ce prix tant convoité. Un prix de plus qui vient récompenser Mounia Meddour, le film et le cinéma dans son ensemble. Pour rappel le Prix Alice-Guy a reçu la double labellisation ONU Femmes France et Génération Egalité.

Alice Guy, ou Alice Blaché, est née en 1873 à Saint-Mandé, décédée en 1968 à Wayan (Etat du New Jersey) USA. Française, réalisatrice, scénariste, productrice de cinéma, elle a partagé sa vie entre la France et les Etats-Unis avant de commencer sa carrière à l’âge de
21 ans comme sténodactylo à l’époque auprès de Léon Gaumont, débutant d’abord par le cinéma de fiction. Elle est, et reste, dans ce domaine et sans contexte, la femme la plus oubliée du cinéma français et international avec 1 000 films à son actif. Et c’est en raison de ce parcours inédit qu’a été consacré ce prix en son honneur.