Les jeunes chanteurs, Lamine Saadi, Tarek Amir Mecheri et Ghofrane Bouache ont lancé, mardi soir à Alger, la compétition de la 3e édition du Prix Abdelkrim-Dali, devant un public astreint au strict respect des mesures de prévention sanitaires contre la propagation du coronavirus. Premiers à entrer en compétition de cette 3e édition, les trois candidats-chanteurs ont étalé sur la scène du palais de la Culture Moufdi-Zakaria, toute l’étendue de leur talent d’interprètes sur des répertoires différents du riche patrimoine de la chanson et la musique andalouses. Un avant goût de la soirée a été donné par la quinzaine de musiciens de l’ensemble pilote de la fondation Abdelkrim-Dali, brillamment dirigé par le maestro Naguib Kateb, interprétant en chœurs et à l’unisson l’inqileb Zidane «Ya racha el fettane». Transition toute trouvée, Lamine Saadi, le gaucher de la mandole, a enchaîné avec Noubet Zidane, déclinée en quatre pièces, «Maâchouq min gheid el hassan» (b’taïhi), «El hawa dhel el oussoud» (derdj), «Touiyari mesrar» (n’çraf) et «Ittaqi Allah ya moâdeb qalbi» (kh’lass), qu’il interprétera avec une grande maîtrise technique et artistique, «à la manière du grand cheikh, Mohamed El Kheznadji», dira un spectateur. Lamine Saadi a connu ses débuts en 2007, alors jeune homme de 19 ans, au conservatoire de Bologhine en classe chaâbi, encadrée par El Hadi l Anka. Sa distinction, en 2021 du premier prix de cette institution, lui donnera envie d’étudier davantage la musique andalouse, ce qui l’emmenera à intégrer l’association culturelle de musique andalouse, «Mezghenna», avec comme professeur, le grand Kamel Belkhodja. Parallèlement, Lamine Saadi va multiplier les prestations comme «cheikh» dans différentes cérémonies et fêtes et enregistrer, en 2014 plusieurs pièces du patrimoine à la Radio algérienne. Au tour du jeune Tarek El Amir Mecheri de rejoindre la scène, violon alto à la main, sous les applaudissements du public, qu’il gratifiera de sa voix présente et étoffée, interprétant Noubet «Rasd Edil», contenant notamment les pièces, «Ya aâcheq kharajtou natamacha» (m’çaddar), «El Fadjr ziq» (derdj), «Ghozeyali ouheyef» (n’çraf) et «Nirane qalbi»(kh’lass). En 2000, alors qu’il n’avait que 6 ans, Tarek El Amir Mecheri a rejoint le conservatoire d’El Biar, où il a fait ses premières classes, sous l’encadrement de, Chikhi Anis M’Hamsadji, Hassen Ould Ali et Seddik Mekhiouba. En 2006, il intègre «El Djazairia El Mousiliya», doyenne des associations et recevra les enseignements de Mohamed Bendiba et le regretté Nasreddine Benmerabet. Plusieurs participations à des rencontres de musique andalouse dans différentes wilayas de l’Algérie et à l’étranger sont à l’actif de Tarek El Amir Mecheri, fondateur et leader, par ailleurs, de l’Orchestre de musique traditionnelle et de variétés algériennes, «Les merles d’Alger». Dans une belle tenue composée de la tradition tlemcenienne, connue sous le nom de «Cheddat El Djess», la violoniste et chanteuse, Ghofrane Bouache (15 ans) est apparue toute souriante devant une assistance déjà conquise qui l’a accueillie avec des applaudissements et des youyous nourris. Sûre d’elle, la jeune cantatrice a donné vie avec sa voix suave à la tessiture large, à Noubet Lemdjenba et ses quatre pièces choisies, Moudh badet chems el mohaya» (b’taïhi), «Sel tek ya badiê ech’Chabab» (derdj), «Ya badiê el djamel wel maâna» (N’çaf) et «Ya tara in kane taâoud ayyamana», très appréciées par le public. En 2012, alors qu’elle n’avait que 7 ans, Ghofrane Bouache a adhéré à l’association Nassim Essabah qu’elle ne quittera jamais. Plusieurs tournées dans différentes villes d’Algérie et en Tunisie, sont à l’actif de la jeune chanteuse élue en 2021, Meilleure voix féminine, lors de la 6e édition du Prix El Hachemi-Guerouabi. D’une durée de près de 40mn chacune, les prestations des trois candidats se sont déroulées sous le regard académique et l’oreille attentive du jury, présidé par le chercheur, musicologue et interprète de la musique andalouse, Noureddine Saoudi. Sept jeunes talents sont en lice pour le Prix Abdelkrim-Dali dans sa 3e édition qui se poursuit au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria jusqu’au 25 février, avec au programme de mercredi, deux prestations en compétition de Nouar Youcef et Nassima Haffaf, et une hors concours de Radia Nouacer. <