Par Bouzid Chalabi
Avec une monnaie nationale qui n’arrête pas de glisser, il est clair que le prix à la production des produits hors hydrocarbures, issus des groupes phares du secteur public industriel, ne peut connaître que des réajustements à la hausse car leur taux d’intégration avoisine dans le meilleur des cas les 60%. Une tendance qui se confirme par l’Office national des statistiques (ONS). En effet, l’ONS rapporte, dans son dernier bulletin de conjoncture rendu public hier, une légère hausse de 1,5% au deuxième trimestre 2021 par rapport au premier trimestre 2021. Cet organisme précise par ailleurs que par rapport à la même période de l’année précédente, l’évolution des prix à la production industrielle hors hydrocarbures est de +5,5%. Pour le détail par secteur d’activité industriel, les prix à la production du secteur de l’énergie ont connu une baisse de 2,4% par rapport au premier trimestre 2021, selon les données de l’Office. Les mines et carrières ont connu une variation de +0,3% par rapport au trimestre écoulé qui s’est caractérisé par une hausse beaucoup plus importante (+6,3%). Cette variation a été portée par la hausse des prix de la branche de l’extraction du minerai des matières minérales (+3,8%). Les Industries sidérurgiques métalliques, mécaniques, électriques et électroniques (ISMMEE) ont enregistré une hausse de 4,8%. Toujours selon cette même source, des augmentations de prix définissent certaines activités du secteur des ISMMEE, notamment la sidérurgie et transformation de la fonte et acier (+10,5%), la fabrication des biens intermédiaires métalliques, mécaniques et électriques (+3,4%) et la fabrication des biens d’équipement mécanique (+3,7%). Les industries chimiques ont accusé une croissance de 2,7%. Le principal facteur de cette tendance haussière semble être la fabrication de peintures (+6,1%), selon l’organisme.
Quant aux industries textiles, elles ont connu une variation baissière de 0,6%, induite par la baisse des biens de consommation textile (-1,5%), a encore détaillé l’ONS. Les prix à la production de l’industrie des cuirs et chaussures ont également connu une croissance de 1,6%, résultat de l’augmentation des prix des biens de consommation en cuir, soit +2,5%, a ajouté la même source. Les industries des bois, liège et papier ont été caractérisées, durant le deuxième trimestre par une variation haussière, mais de moindre ampleur avec +0,5%. Cette variation a été tirée, essentiellement, par la branche de la menuiserie générale et biens intermédiaires en bois qui a connu une hausse de 0,9%, selon l’organisme public des statistiques. Il va sans dire que le prix à la hausse de la production industrielle hors hydrocarbures aura un impact certain sur le marché local car tous les secteurs d’activité qui s’approvisionnent chez les groupes industriels publics verront leur prix d’achat tiré à la hausse. Par voie de conséquence ce sont deux alternatives qui se présenteront aux industriels, soit répercuter la hausse de prix de leurs achats sur leurs factures de vente, soit freiner quelque peu leurs chaînes de production. Dans les deux cas, ce sera, bien sûr, le consommateur final qui en fera les frais.

Les cours du pétrole ont grimpé de plus de 4% sur la semaine
Le cours du pétrole brut de référence WTI a franchi en séance vendredi les 80 dollars le baril pour la première fois depuis fin 2014 dans un marché de l’énergie ragaillardi par une demande en plein envol, une production limitée et un dollar un peu plus faible. Le prix du baril de WTI a grimpé de 1,05 dollar ou 1,34% pour terminer à 79,35 dollars. En matinée, le cours avait atteint 80,09 dollars, du jamais vu depuis le 3 novembre 2014. A Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a gagné 0,53% ou 44 cents pour terminer à 82,39 dollars. En séance, il a effleuré son dernier plus haut enregistré mardi à 83,47 dollars. Sur la semaine, le contrat sur le baril de brut américain WTI a grimpé de 4,77% tandis que celui de Brent a engrangé 4,06%.
Après avoir été fortement soutenu par le sommet de l’OPEP+ qui n’ouvrira d’ici novembre que lentement les vannes, les cours du brut avaient marqué le pas en milieu de semaine suite à l’annonce d’une hausse plus importante que prévu des réserves commerciales d’or noir aux États-Unis. «Cette baisse n’a pas duré longtemps et les prix ont rapidement rebondi», constate Louise Dickson, analyste de Rystad.
Jeffrey Halley, analyste chez Oanda, «continue de penser que toute baisse des prix ne durera pas, étant donné l’appétit mondial pour l’énergie». Enfin, la petite faiblesse du dollar vendredi face à l’euro et aux principales monnaies a relancé «la corrélation inversée qui existe entre le billet vert et le cours du brut»: un dollar moins fort soutient les prix du pétrole, a rappelé le spécialiste.
Après plusieurs séances de montagnes russes, le cours du gaz européen a fait une pause: le marché de référence, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, qui a atteint mercredi un sommet à 162,12 euros le mégawattheure (MWh), a cédé du terrain terminant à 87,61 euros, en baisse de 9,29%.