Par Feriel Nourine
L’inflation poursuit son galop sur la période allant de mai 2020 à 2021, affichant un taux annuel de 3,9%, indique l’Office national des statistiques (ONS).
Ce taux, faut-il le souligner, est calculé sur la base de l’évolution de l’indice des prix à la consommation sur cette même période par rapport à celle allant de juin 2019 à mai 2020.
Quant à la variation mensuelle des prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice du prix du mois de mai 2021 par rapport à celui du mois d’avril, elle est de – 0,11%, a indiqué l’Office. Ce recul semble, bien qu’il ne concerne qu’un seul mois, semble bien avoir pesé sur le taux annuel affiché par des prix à la consommation. Autrement dit, le mois de mai dernier, dont la plus grande partie est intervenue après le mois de Ramadan, aura, en effet, été marqué par un ralentissement de l’inflation, voire par une baisse, ayant succédé à plusieurs mois de hausse générale affichée par les différents prix, tous groupes de produits confondus.
Entre janvier et mai de l’année en cours, cette progression a d’ailleurs porté le taux d’inflation à plus de 5,7% par rapport aux cinq premiers mois de 2020. Dans cette dynamique d’explosion des prix, les biens alimentaires ont augmenté de 6,8%, tirés notamment par les produits agricoles frais (+8,7%) et les produits alimentaires industriels (+5%). C’est pourquoi le recul des prix enregistré en mai dernier est le résultat de la baisse des prix de certains produits alimentaires. Celle-ci est évaluée à 0,7% par l’ONS. Dans cette même catégorie, les prix des produits agricoles frais ont reculé de 2,1%), sous l’effet du fléchissement des prix d’un grand nombre de produits relevant de cette catégorie, notamment la viande de poulet (-7,3%), les légumes (-14%) et les œufs (-5,2%), a relevé l’Office
Par rapport aux semaines ayant précédé le mois de Ramadan, les prix du poulet avaient connu un envol inédit, dépassant les 450 dinars le kilo, soit le double de ceux affichés précédemment.
D’autres produits de la même catégorie ont, par contre, enregistré des hausses, dont essentiellement ceux des fruits frais +(3%) et de la pomme de terre (+35%), poursuit la même source.
Dans la catégorie des produits alimentaires industriels, les prix se sont caractérisés par une légère hausse de 0,8%, traduisant un relèvement des prix des huiles et graisses (+1,2%), des sucres et produits sucrés (+1,7%) et des pains et céréales (+0,8%) en mai dernier par rapport au mois d’avril 2021. Les prix des produits manufacturés et les services ont connu des variations respectives de +0,2% et +0,6%.
Par groupe de biens et de services, les prix des groupes « habillement-chaussures » et « santé et hygiène corporelle » ont connu des hausses de +0,9% pour chaque groupe, contre +0,7% pour le groupe « Divers », tandis que la variation mensuelle des prix à la consommation dans le reste des groupes a été marqué par des stagnations. Le relèvement des prix des deux groupes sus-cités s’explique par les difficultés de transport des produits qui les composent, font remarquer certains professionnels concernés. Ces derniers disent avoir eu recours au transport par avion de leurs marchandises, à des prix plus élevés que ceux pratiqués dans le transport maritime. Et au bout de l’opération, ces augmentations s’affichent systématiquement sur les prix des produits. Aux frais du consommateur final bien-sûr.