L’inflation annuelle en Algérie, en avril, a conservé le rythme affiché en février et mars, soit un taux d’évolution de 1,8%, indique l’Office national des statistiques (ONS) dans son rapport mensuel consacré au suivi des prix à la consommation.
Pour rappel, l’évolution des prix à la consommation en rythme annuel à avril 2020 est le taux d’inflation moyen annuel calculé en tenant compte de 12 mois, allant du mois mai 2019 à avril 2020 par rapport à la période allant de mai 2018 à avril 2019. Quant à la variation mensuelle des prix à la consommation, qui est l’évolution de l’indice du prix du mois d’avril 2020 par rapport à celui du mois mars dernier, a connu une hausse de 0,3%, a indiqué l’Office.
En termes de variation mensuelle et par catégorie de produits, les prix des biens alimentaires ont affiché une hausse de 0,5 %. Les produits agricoles frais ont également augmenté de 0,6%. Cette variation haussière est induite par l’augmentation de certains produits, notamment, les fruits (+9,0%), les légumes (+4,1%), et un degré moindre de la viande de poulet (+0,7%)
Par ailleurs, l’Office relève que d’autres produits de consommation ont observé des baisses, notamment la pomme de terre (-14,5%), les œufs (-4,96%) et les poissons frais (-3,05%). On ne sait toutefois à quelles données l’ONS s’est référé pour déduire une baisse pour les prix de poissons frais. Ceux qui ont un œil sur le marché de ces produits vous diront que, bien au contraire, ils ont connu une hausse sans précédent provoquée par la baisse de l’offre en ce mois de confinement et de contraintes vécues par les professionnels de la pêche durant la nuit, c’est-à-dire durant les heures de pêche. Quant aux produits alimentaires industriels, les prix ont connu une hausse de + 0,5% durant le mois d’avril dernier par rapport au mois de mars 2020, selon l’Office. Cette variation et due, essentiellement, à une hausse des prix des produits relevant des pains et céréales avec +1,0%. Les prix des produits manufacturés ont accusé une croissance modérée de +0,1%, alors que ceux des services ont connu une stagnation. Par groupe de biens et de services, les prix des groupes « des meubles et articles d’ameublement » ont enregistré une hausse de 0,5%, ceux de « l’éducation, culture et loisirs » et ceux du groupes divers (+0,2%) pour chaque groupe. L’ONS relève, par ailleurs, que le reste des biens et services s’est caractérisé par des stagnations.
Durant les quatre premiers mois 2020, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 2,07% par rapport à la même période de 2019, malgré une baisse des prix des biens alimentaires. En effet, les prix des biens alimentaires ont reculé de -0,87%. Ce recul s’explique, globalement, par une baisse de -1,99% des produits agricoles frais.
Durant les quatre premiers mois de l’année en cours, plusieurs produits alimentaires ont connu des baisses. Il s’agit, notamment, de la viande de poulet (-21,54%), la pomme de terre (-4,53%) et les légumes frais (-3,71%).
Par ailleurs, d’autres produits alimentaires ont enregistré des augmentations, notamment les œufs (+14,51%), les poissons frais (+7,86%), et la viande de bœufs (+1,50%). Quant aux produits alimentaires industriels, ils ont augmenté de 0,21%, les biens manufactures (+4,94%) et enfin les services (+3,40%).
Ainsi donc, en l’absence d’autres références en la matière, l’Office national des statistiques (ONS) conserve, sans peine aucune, son statut d’unique pourvoyeur de chiffres officiels en matière d’évolution des prix à la consommation en Algérie. Du coup, les chiffres fournis par cet organisme sont régulièrement contestés par les observateurs et experts économiques, ces derniers estimant que les taux d’inflation, constamment modérés, publiés par l’ONS ne reflètent pas la réalité du terrain où les prix ne s’arrêtent jamais de grimper, notamment durant certaines périodes grande consommation.