Le 12 septembre dernier, Abderrahmane Hammad a été élu à la tête du Comité Olympique algérien (COA) sans président permanent depuis la démission de Mustapha Berraf en mai dernier. Le nouveau patron des lieux sait que l’atmosphère qui pèsera avant et durant les Jeux Olympiques 2021 prévus à Tokyo (Japon) pourrait peser dans une éventuelle reconduction au poste. En prévision de ce rendez-vous majeur, il a décidé d’enlever Amar Brahmia, dont le nom a été lié au dernier désastre algérien aux JO-2016, de la gestion de la Commission de préparation olympique.

Il est considéré comme la boite noire de Mustapha Berraf, ancien boss du COA qui a cumulé 20 années de règne. On peut donc dire que Berraf est au sport algérien ce que Bouteflika était en politique. Pour rester dans le parallèle et les acolytes, Amar Brahmia est un peu comme le Ahmed Ouyahia du « sport circus » Dz. Il est là depuis longtemps et constamment accusé dans les affaires « scabreuses ». D’ailleurs, au terme des Olympiades brésiliennes de 2016, son nom était souvent revenu dans une gestion suspecte de la grosse enveloppe, estimée à 31 milliards de centimes, consacrée par l’Etat algérien à la préparation des Joutes de Rio. D’ailleurs, Taoufik Makhloufi, le double-médaillé d’argent (800m et 1500m) de ce rendez-vous, avait vivement critiqué les responsables du sport national qui, selon lui, n’avaient pas rempli parfaitement leur mission.

Les leçons du tumultueux été 2016
Pourtant, Amar Brahmia, alors chef de délégation, avait répondu au réquisitoire du champion olympique du 1500m à Londres en 2012 en indiquant que « nous avons disposé de 31 milliards de centimes, soit plus de 3 millions de dollars. Tout a été bien géré et dépensé sous le contrôle strict du comité olympique. Il n’y a aucun denier public qui a été détourné. Le séjour des athlètes, les voitures, le matériel protocolaire et tout le reste a été financé par notre budget. Je vous le répète : nos athlètes n’ont manqué de rien.»
Ainsi, au lieu de pouvoir savourer les deux seuls podiums que l’Algérie a pu décrocher sur les terres brésiliennes, c’est les scandales et les échangent d’accusations qui ont caractérisé un été 2016 des plus insoutenables. Un épisode qui avait mis complètement à nu le désastre de gouvernance et le manque de politique sportive crédible et qui fasse le consensus.

Responsabilités ciblées
En considérant ce passé, Hammad a donc voulu mettre tout le monde devant ses responsabilités. Après avoir rappelé que « c’est les Fédérations et non le COA qui sont responsables des résultats de leur athlètes lors des JO », celui qui a obtenu la médaille de bronze du saut en hauteur aux Olympiades 2000 de Sydney ne veut pas qu’il y ait un seul bouc-émissaire pour un éventuel échec collectif. Il a, par conséquent, déchargé Amar Brahmia de sa responsabilité à la tête de la Commission de préparation olympique.
De la sorte, chaque chef de mission sera responsable de la préparation de la compétition qu’il chapeaute avec des décisions majeures qui passeront par l’exécutif du COA. Quant aux bourses des athlètes, elles seront virées dans les comptes bancaires des instances respectives pour plus de traçabilité et transparence. Théoriquement, l’approche est lucide et permet de définir les objectifs et les responsabilités de manière plus justes et ciblée. On verra ce que cela donnera dans quelques mois après le test sportif majeur au Pays du Soleil Levant. n