PAR NAZIM BRAHIMI
Le refus d’accueillir des malades dans les établissements hospitaliers continue de constituer un souci majeur pour la tutelle dans un contexte marqué par la hausse des contaminations à la Covid-19. Et si les hôpitaux font face à une pression accrue, ce n’est pas une raison pour réserver une fin de non-accueil aux patients en situation de détresse dans les établissements de santé en quête d’une prise en charge.
C’est ce qu’a signifié, une nouvelle fois, le ministre Benbouzid, lors de la réunion qu’il a tenue avec les directeurs de la Santé des wilayas et les directeurs des établissements hospitaliers, auxquels il a réitéré son rejet catégorique du «refus d’accueillir des malades dans les établissements hospitaliers», notamment au niveau de la capitale où le nombre de contaminations est plus qu’inquiétant.
Le ministre a mis aussi en garde les responsables d’hôpitaux qui suggèrent aux malades un transfert vers d’autres établissements sous prétexte d’un manque de lits, ce qui est «inacceptable», a-t-il averti.
Mieux encore, M. Benbouzid a appelé les citoyens et les professionnels de la santé publique à «dénoncer tout individu, auteur de tels comportements, quelle que soit sa qualité, et l’impératif de trouver une solution au problème de manque de lits soulevé par les directeurs de certains établissements hospitaliers à Alger au moment où plusieurs wilayas enregistrent une stabilité dans ce domaine».
Il a plaidé, par la même occasion, pour le rétablissement de la confiance du citoyen en mettant les différents établissements sanitaires à son service, appelant à maintenir la vigilance vis-à-vis de la Covid-19 dont la propagation ces dernières semaines le recommande.
Lors de cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre de la série de rencontres d’évaluation périodique relatives à la situation épidémique que traverse l’Algérie en raison de la 4e vague de la Covid-19, M. Benbouzid a souligné de ne pas reproduire les erreurs et les lacunes enregistrées durant la 3e vague de la pandémie.
Dans les plans de la gestion de l’évolution de la quatrième vague de la pandémie, notamment à travers l’affectation des hôpitaux et des services Covid-19, il est aussi question de maintenir l’activité de certaines spécialités de grande importance comme les maladies en gynécologie obstétrique, la réanimation, la chirurgie générale, les urgences et la pédiatrie.
M. Benbouzid a insisté sur «l’importance d’assurer la prise en charge idoine aux malades du coronavirus au niveau des hôpitaux, à la faveur de la disponibilité de tous les moyens humains et matériels, ainsi que les médicaments et les équipements préventifs que la Pharmacie centrale des hôpitaux se charge de leur assurer en quantité suffisante face à cette pandémie». Le ministre a appelé les directeurs de la santé et ceux des hôpitaux à accorder la priorité aux services des urgences dans le programme de réaménagement programmé au vu de l’importance dont jouissent ces services en tant que façade des hôpitaux.
Le ministre s’est enquis, à travers les interventions des directeurs de santé de wilaya et des chefs d’établissement, des dernières évolutions de la situation pandémique au niveau de plusieurs wilayas, notamment celles ayant enregistré ces derniers jours une courbe ascendante dans le nombre des contaminations à la Covid-19, que ce soit en matière du nombre de lits consacrés aux malades que de la réanimation et la disponibilité de l’oxygène médical et les médicaments.
Fin décembre, pour rappel, le ministre a déclaré que ses services ont recueilli des informations selon lesquelles des patients n’ont pas été admis sous le prétexte «fallacieux» qu’il n’y aurait pas de places vides, alors qu’en vérité l’hôpital comptait des lits inoccupés à l’heure de la demande.
«Il est hors de question que les malades soient refoulés devant l’établissement», avait lâché le ministre de la Santé, qui a ajouté que «même dans le cas où il y aurait saturation, il revient à l’établissement sollicité de trouver une solution au patient, à qui on doit assurer une place dans un autre hôpital». <