Dans un geste symbolique très fort, la première audience accordée jeudi dernier par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, Ali Aoun, depuis son installation, a été en faveur de la délégation de l’Alliance nationale de lutte contre le cancer, conduite par sa coordinatrice, Hamida Kateb, présidente de l’association «El Amel». Les deux parties ont évoqué les moyens d’améliorer la prise en charge des patients atteints de cancer.

Par Sihem Bounabi
A travers cette audience, l’objectif est de mettre en exergue «l’intérêt et l’engagement du ministère de l’Industrie pharmaceutique à prendre en charge, en collaboration avec le ministère de la Santé, toutes les difficultés rencontrées par les patients particulièrement pour l’accès aux traitements», souligne un communiqué du ministère de l’Industrie pharmaceutique.
Il est également précisé dans le communiqué que «cette audience a permis d’ établir les bases d’une collaboration étroite avec la Fédération nationale de lutte contre le cancer et de mettre en place les canaux de communication pour une meilleure coordination et un meilleur suivi des différentes actions mises en place par le ministère de l’Industrie pharmaceutique, en coordination avec le ministère de la Santé, qui convergent toutes vers l’intérêt suprême du patient». Pour rappel, ces deux dernières années ont été marquées par les nombreux appels urgents de détresse de l’Alliance nationale de lutte contre le cancer, au responsable du secteur de la Santé et au Président de la République, tirant la sonnette d’alarme sur la situation dramatique que subissent les malades atteint de cancer à cause des nombreuses pénuries des traitements vitaux d’oncologie qui ont généré des complications sur leur état de santé.
De même, le président de la Société algérienne d’oncologie médicale (Saom), le Pr. Kamel Bouzid, également chef de service au centre spécialisé dans la lutte contre le cancer Pierre-et- Marie-Curie à Alger), a dénoncé à maintes reprises, durant ces deux dernières années, la persistance des tensions dans la disponibilité des traitements pour les cancéreux, notamment les enfants, en s’indignant, dans une déclaration à Reporters, que «c’est scandaleux qu’en 2022 des enfants que l’on peut guérir du cancer meurent parce qu’il n’y a pas de médicaments». Il avait ainsi affirmé que «cette tension perdure aussi bien pour les anciens médicaments que pour les nouveau médicaments innovants qui ne sont jamais encore rentrés en Algérie».
Il est à noter que lors de son précédent poste de Directeur général de la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), Ali Aoun avait pris à bras le corps la problématique de la disponibilité des traitements pour les malades atteints de cancer, en annonçant que la PCH a acquis 100 médicaments sur 126, destinés aux malades atteints de cancer au niveau des hôpitaux, indiquant que le reste des médicaments seront reçus avant la fin de l’année. Il avait également assuré que la PCH œuvre à assurer «l’approvisionnement de tous les médicaments que fournissent gratuitement les hôpitaux aux patients, et ce dans le cadre de la politique de l’Etat visant à garantir la gratuité des soins». Il avait à ce sujet souligné que le budget alloué par le Trésor public à la PCH s’élève à près de 1,200 milliard d’euros par an, avec l’entière disposition des pouvoirs publics de le relever en cas d’augmentation des prix des médicaments sur le marché mondial.
Il est à noter également que dans l’objectif de satisfaire les besoins du marché national en matière de traitement oncologique, plusieurs laboratoires pharmaceutiques activant en Algérie avaient annoncé des projets de fabrication locale de médicaments anticancéreux afin de garantir un meilleur approvisionnement du marché national, en affirmant le lancement effectif des travaux de réalisation, prévoyant le début de la production à fin 2022 ou début 2023. n