La plus grande armée d’une nation n’est pas celle des militaires, mais plutôt celle des enseignants. Ces derniers représentent le meilleur rempart contre toute attaque ou incursion. Ceci écrit, il est intéressant de revenir aux données, dévoilées hier par l’Office national des statistiques, sur le secteur de l’Education. Parmi la pléthore des chiffres publiés, il y en a deux au moins à retenir. Le premier est la hausse de 3,8% du nombre d’élèves scolarisés durant l’année scolaire 2019-2020. Parallèlement, il y a là diminution de 1,2% au sein de l’effectif des enseignants. Deux tendances à l’opposé, alors qu’elles devraient, logiquement, se suivre.
Un hic qui est loin d’être rassurant pour l’avenir du pays, puisque ça touche le secteur névralgique par excellence. Ce n’est pas par hasard si le ministère de l’Education est en deuxième position des dotations budgétaires (14,51%, l’équivalent de plus de 771 milliards de dinars).
Face au boom démographique dans les classes, il est certes nécessaire de chercher à mettre à la disposition des élèves les moyens matériels, mais ce ne sera jamais suffisant. La quantité a besoin de plus de qualité pour espérer retrouver à l’avenir des valeurs sûres. D’où l’importance des enseignants. C’est avec eux qu’il peut y avoir un espoir de récolter la qualité.
Le programme le mieux élaboré ne peut qu’échouer si celui qui devrait l’appliquer n’est pas mis dans de bonnes conditions. Parce qu’il ne faut pas oublier qu’un plus grand nombre d’élèves, ce sont de classes surchargées et c’est, indéniablement, un enseignement moins élaboré.
Il est important d’avoir plus d’enseignants, c’est indiscutable, mais là, également, il est plus qu’urgent de travailler au-delà de la quantité. La qualité de l’émetteur du savoir est toujours en relation avec ses compétences et (un point très souvent négligé) une formation continue. Evidemment, cette responsabilité incombe en premier lieu au ministère de l’Education. Toutefois, il est impossible de se voiler la face sur les enseignants eux-mêmes. Quelles que soient les difficultés dans lesquelles ils se retrouvent, cela ne peut justifier la baisse de niveau constatée chez les élèves. L’enseignement est avant tout une vocation. Certains l’ont probablement, mais il est évident qu’ils sont, soit très peu nombreux, soit ils le cachent si bien que c’est devenu quasiment invisible. N’est pas enseignant qui veut…