Retrait
Les Etats-Unis et leurs alliés s’engagent à retirer toutes leurs troupes d’Afghanistan sous 14 mois si les talibans respectent les termes de l’accord. Ce retrait verra le nombre des soldats américains passer de 12 ou 13.000 à 8.600 dans les 135 jours. Ils quitteront alors cinq des vingt bases militaires qu’ils occupent actuellement, selon une source sécuritaire américaine. Si l’accord de samedi est respecté par les talibans, les États-Unis et leurs alliés « achèveront le retrait des forces restantes en Afghanistan sous 14 mois », selon ce texte. Ces pays s’engagent aussi à ne pas « menacer ou utiliser la force» contre « l’indépendance politique» de l’Afghanistan et à ne pas s’immiscer dans ses «affaires intérieures » à l’avenir.

Dialogue afghan et cessez-le-feu
L’accord stipule aussi que des discussions entre les talibans et toutes les « parties afghanes » débuteront le 10 mars. Ni le contexte de ces négociations ni leurs participants ne sont précisés. Selon l’accord, le cessez-le-feu ne sera qu’un « élément » de l’ordre du jour des discussions et non une obligation. Le texte précise toutefois que les participants « discuteront de la date et des modalités d’un cessez-le-feu permanent et complet ».

Libération de prisonniers
Les États-Unis et les talibans se sont aussi mis d’accord sur l’échange de milliers de prisonniers afin d’ « instaurer la confiance » le jour où commencera le dialogue inter-afghan. « Jusqu’à 5.000 prisonniers (talibans) (…) et 1.000 prisonniers de l’autre camp (forces afghanes) seront libérés le 10 mars ».

Sanctions
Les États-Unis se sont engagés à revoir la liste de leurs sanctions visant les divers dirigeants et membres du mouvement des talibans, « dans le but de révoquer ces sanctions d’ici au 27 août 2020 ». Ce pays a aussi dit qu’il entamerait un « engagement diplomatique » avec les autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU et le gouvernement de Kaboul pour ôter les talibans de listes de sanctions.

Al-Qaïda
L’accord demande aussi aux talibans d’empêcher des groupes tels qu’Al-Qaïda de se servir de l’Afghanistan comme d’une base leur permettant de menacer la sécurité des États-Unis et de leurs alliés. Les talibans s’engagent à empêcher ces groupes de « recruter, entraîner ou lever des fonds » et ne les accueilleront pas en Afghanistan. L’accord empêche aussi les insurgés de leur fournir des visas et autres documents légaux. Il ne demande toutefois pas aux talibans de désavouer publiquement Al-Qaïda ou de couper officiellement les ponts avec cette organisation. C’est pourtant le fait qu’ils hébergeaient Oussama Ben Laden et ses hommes quans ils régnaient sur l’Afghanistan entre 1996 et 2001 qui a poussé une coalition internationale menée par les Etats-Unis à intervenir après les attentats du 11 septembre 2001, les chassant du pouvoir. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a toutefois demandé aux talibans samedi à Doha de « respecter leur engagement de couper les ponts avec les groupes jihadistes ».

Relations bilatérales et reconstruction
Les deux camps déclarent qu’ils cherchent à avoir des relations bilatérales « positives », ainsi qu’avec le gouvernement devant voir le jour à travers les discussions inter-afghanes. L’accord se termine avec la promesse américaine de « chercher une coopération économique » pour la reconstruction de l’Afghanistan détruit par quatre décennies guerre avec le nouveau gouvernement qui sera formé.
Source AFP