Par Bouzid Chalabi
Les importateurs de poussins d’un jour destiné à l’élevage, qui assurent au moins 70% des besoins de la filière nationale avicole, se sont vus recommandés récemment de changer de pays fournisseur, en l’occurrence la France, et de s’approvisionner plutôt chez les Espagnols et les Italiens. Un changement qui, apparemment, a pris du temps pour devenir effectif sur le terrain. Par voie de conséquence, le poussin en question se fait toujours rare sur le marché national.
De prime abord, il convient de savoir que les besoins nationaux en poussins d’un jour sont de huit millions de sujets par semaine. Or, selon le Conseil national interprofessionnel de la filière avicole (CNIVF), cette quantité n’est pas disponible, elle est de seulement 6 millions de poussins. «Une carence qui n’est pas à la veille de se résoudre tant que la cadence des volumes des importations reste en deçà des besoins effectifs. On peut croire dans ce sens que les importateurs, après avoir changé de pays fournisseur, n’ont pas encore atteint la vitesse de croisière escomptée», nous explique Nouredine Aïd, membre du CNIFV, contacté par téléphone hier. Est-ce à dire qu’avec ce déficit en matière de poussin d’un jour, le marché de la volaille n’est pas près de connaître une revue à la baisse du prix du poulet sur les étals des détaillants ? Selon ce dernier, «le grave déficit dans l’offre de poussins s’est vite traduit par une forte augmentation du prix du poussin». Expliquant : «Ce manque a été causé par le grippe HLN5 qui a touché la volaille et engendré une perte de près d’un million de poulets repro-chair (poulets mâle et femelle) et pondeuses. Estimant enfin : «Ce n’est qu’à partir de la mi-décembre que la baisse des prix va voir le jour». En somme, les cours vont rester élevés jusqu’à cette période. Mais toujours est-il que la rareté du poussin d’un jour n’est pas l’unique raison de la cherté du poulet sur les étals. Dans ce sens, le président de la filière avicole, Moumen Kali, approché hier par nos soins, indique que «le coût de revient à la production dans les batteries d’élevage est de plus en plus élevé, ce qui provoque une surenchère sur le marché de l’offre local».
Précisant : «Par rapport au quatrième trimestre 2020, les prix des aliments avicoles se sont maintenus à des niveaux élevés, une situation due principalement à une hausse des cours des matières premières sur les marchés boursiers. En témoignent, sur le marché national, les prix des matières premières qui ont enregistré des hausses importantes atteignant les 7 000 à 8 000 DA le quintal pour le maïs et 12 000 à 14 000 DA le quintal pour les tourteaux de soja. Une hausse des prix des aliments avicoles sur marché national qui a poussé les pouvoirs publics à prendre la décision d’exonérer les aliments et les produits finis de la TVA, en espérant que les prix du poulet baisseront à des niveaux raisonnables, en vain. Et pour preuve, il a été enregistré au second trimestre 2021 une hausse sensible des prix. S’en est suivie celle en cours mais encore plus forte». Du côté de l’Institut national des techniques d’élevage (INTELV) on affirme que, concernant la tendance haussière, elle avoisine les 66% au stade de la production dans les batteries d’élevage. Par ailleurs, et selon les dires de gros éleveurs, «la conjugaison de la cherté de l’aliment avicole et du poussin d’un jour ont fini par dissuader les petits éleveurs, qui sont d’ailleurs nombreux dans le marché de la production, de remplir leur batterie d’élevage en marquant une période d’arrêt dans l’attente que les prix de l’aliment et du poussin baissent quelque peu. En définitive, le poulet va poursuivre son envolée pour encore quelques semaines si du moins le marché connaît une régulation. Nous le saurons bientôt. <