Plusieurs services du Centre hospitalier universitaire (CHU) Mustapha-Bacha d’Alger n’ont toujours pas perçu la prime de risque exceptionnelle, décidée par le président de la République au profit du personnel soignant de la santé, qui fait face à l’épidémie du nouveau Coronavirus (Covid-19), nous a affirmé, hier, une source au sein de l’hôpital.

Faisant partie du personnel de santé de l’hôpital Mustapha, elle nous précise que «suite au sit-in et au mouvement de protestation des travailleurs de l’hôpital pour dénoncer nos conditions de travail et le non-versement des primes, la direction de l’hôpital avait promis de remédier à cette situation. Mais aujourd’hui, c’est silence radio et plusieurs services n’ont toujours pas perçu cette prime alors que nous sommes à plus de six mois de l’annonce du Président».
Notre interlocuteur nous précise que parmi les services concernés par le non-versement de la prime, il y a les services de néphrologie, de cardiologie et le centre de transfusion sanguine, dont le personnel a été impliqué dans le service consacré aux malades atteints par la Covid-19.
Ces déclarations aspirent à alerter le ministère de la Santé sur les dysfonctionnements qui perdurent au sein de l’un des hôpitaux le plus important de la capitale qui, apparemment, fait partie de «1 à 5 %» touché par le dysfonctionnement du versement de la prime Covid-19. En effet, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, relevant l’existence «peut-être de quelques dysfonctionnements», avait affirmé, mercredi dernier, que la prime au profit du personnel soignant de la santé a été «pratiquement versée» à l’ensemble du personnel. Il a toutefois précisé dans sa déclaration à la Radio nationale que «il y a parfois dans certaines situations de petits dysfonctionnements que j’ignore. Peut-être, cette opération a été bien organisée dans l’ensemble, mais il se peut qu’il y ait des anomalies dans 1 ou 5% des cas».

Ouverture d’enquêtes sur les blocages
Face à ces «dysfonctionnements», le président de la République Abdelmadjid Tebboune a annoncé, mercredi dernier à Alger, que des enquêtes sont en cours pour identifier les responsables des blocages concernant l’octroi des primes incitatives destinées aux travailleurs du secteur de la santé, mobilisés dans le cadre de la lutte contre le coronavirus (Covid-19). Le chef de l’Etat s’est interrogé, dans ce sens, sur les motifs du retard accusé dans «l’application de ces décisions concernant l’attribution des primes incitatives destinées exclusivement aux personnels de la santé», relevant le rôle des walis et responsables dans pareille situation. Il a affirmé que l’objectif de ces actes est de «bloquer» le processus de développement entamé par le pays, tout en ordonnant l’application «immédiate» de ces décisions.
Le Président de la République a, à cette occasion, mis en garde contre des «forces d’inertie» qui œuvrent contre la stabilité du pays «avec la complicité de parties au sein de l’administration qui escomptent une situation de chaos», annonçant des enquêtes, en cours, dans ce sens.
Le chef de l’Etat a indiqué que ceux qui appréhendent la mise en œuvre des décisions du gouvernement par crainte de poursuites judiciaires doivent se mettre à l’évidence qu’ils «ne seront pas comptables de leurs actes tant qu’ils seront regardants de la réglementation».
Par ailleurs, il est à noter que le dysfonctionnement dans le versement de la prime de la Covid-19 n’est que l’arbre qui cache la forêt. En effet, le personnel de la santé dénonce d’autres dysfonctionnements de l’administration qui rendent pénible leur quotidien à l’instar des retards de salaire et du non-versement des primes de garde depuis plusieurs mois. Le personnel de la santé réclame également que les contaminations par la Covid-19 soient reconnues comme maladie professionnelle, d’autant plus que beaucoup de personnels de santé ont payé de leur vie leur dévouement auprès des malades contaminés. Une demande rejetée par la Cnas qui a envoyé, il y a quelques jours, une circulaire pour réaffirmer que les arrêts maladies du personnel de la santé dus à la contamination au Covid sont des arrêts maladie lambda. Mettant ainsi le personnel médical contaminé dans de réelles situations précaires ; car il se retrouve malade et sans aucune ressources financières. n